LE SOLDAT
Mon chef prévient Votre Majesté qu'elle peut se mettre en route. L'armée est passée tout entière.
LE ROI, riant.
Allons, il faut prendre congé de la reine des bois.
BOUSSORO, montrant la sauvagesse.
Qu'en ferons-nous? (Désignant le bûcheron.) Puis-je la laisser à ce brave homme?
LE BUCHERON, au roi.
Oh! oui, puissant Seigneur, permettez que je la garde pour la promener de village en village. Je ne manque jamais de le faire avec les ours que je capture. Les habitants donnent tous quelque chose: des fruits, des œufs, quelquefois même la poule... On gagne ainsi de bonnes journées jusqu'à ce que l'animal crève.
LE ROI
Je te la donnerais volontiers, mais je viens de déclarer que les sauvages constituent un gibier royal réservé à moi et aux miens... C'est un principe absolu que je violerais d'une façon déplorable si je te permettais d'emmener ta prise. (A Boussoro.) Qu'on la pende immédiatement à cet arbre.