ACTE IV
JEAN, riant.
Ils font de mon image un véritable abus... (Allant à Marie.)
Bonjour, Marie!... Je viens d'apprendre la nouvelle!...
Nous allons donc vous perdre... Je dis, nous, par solidarité,
car, personnellement, je ne serai pas plus mal partagé.
MARIE, riant.
C'est vrai! depuis notre rencontre à la campagne, nous n'abusons pas des conversations... L'un joue... L'autre étudie... Deux chemins qui ne se croisent pas.
JEAN
En jouant, je vous apercevais quelquefois dans la salle... Mince consolation!... Hier, pendant que j'étais en scène, mes regards vous cherchaient peut-être, lorsqu'ils sont tombés sur un étrange bonhomme, à figure basanée, très fine, et costumé moitié à l'africaine, moitié à l'européenne. C'est Totilo, me suis- je dit... !
PAUL
Sans être grand devin, car, dans le temps, je vous avais montré son portrait.
MARIE Était-ce réellement luit
JEAN
Tout ce qu'il y a de plus lui!... Le Préfet de police en venant me serrer la main pendant un entr'acte, m'a félicité de ce que j'avais fait rire aux éclats ce barbare. Naturellement j'ai supposé que la présence de Totilo se rapportait à un projet dont vous m'aviez parlé, et la curiosité d'en savoir davantage m'amène ici.
MARIE
Vous saurez tout. Restez avec nous... Après avoir vu comment arrive une fille sauvage, offrez- vous le plaisir de voir comment elle part. (Entre Henri, le valet de chambre.)