ACTE III
naturel. Mais à présent, vous découvrez que je savais à quoi m'en tenir sur votre prétendue faute. Délivré du soupçon d'être un bandit, plus de nécessité pour moi d'être un saint. Je n'ai qu'à devenir un bon mari qui cède à une impulsion louable en embrassant sa femme... Néanmoins vous continuez à bouder... Je cesse de comprendre!...
RÉGINE
J'ai tort, je le reconnais.
PAUL
Voilà un aveu qui nous rapproche. A partir du jour où j'ai appris que vous étiez innocente, je me suis senti vraiment heureux.
RÉGINE Je l'ai remarqué.
PAUL
' Restait à bien établir qu'aucune cause de malentendu ne subsistait. Voilà qui est fait!...
RÉGINE Plus le moindre malentendu?... Cherchez bien.
PAUL
J'ai, au début, refusé votre main sous prétexte que j'étais pauvre, tandis qu'aujourd'hui, sans être devenu plus riche, je l'accepte. C'est cela, n'est-ce pas, que vous me reprochez?
RÉGINE
Je ne reproche pas, mais je me souviens...
Il faut oublier par charité pour moi.
RÉGINE Ah!
PAUL
Vous montriez tant d'amour au moment où j'arrivais avec un si piètre bagage; j'ai essayé de rétablir l'équilibre par de grands sentiments!
RÉGINE Des phrases au lieu de sentiments!
PAUL
Je n'étais évidemment pas résolu à périr de misère plutôt que de vous épouser.
RÉGINE
Et lorsque vous avez cru à ma faute, étiez- vous résolu à mourir après m'avoir épousée ?...
PAUL
Franchement non!... Le geste me séduisait par sa beauté... je m'en faisais une parure... Comme j'éprouvais un chagrin cuisant je l'annonçais avec des mots partis du cœur... mais il m'est resté une telle horreur du suicide que je n'aurais pas eu le courage d'aller jusqu'au bout.
RÉGINE
Je le savais... Vous êtes l'homme dans la chambre duquel j'ai trouvé un revolver posé près d'une lettre adressée à ma femme pour ouvrir après ma mort et en même