‹ ThéâtreChapitre 69 sur 219 · SCENE III HENRI, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

SCENE III HENRI, HÉLÈNE

HENRI

Vous avez raison, il se doute!

HÉLÈNE Qu'a-t-il dit en latin?

HENRI Il faut détruire Carthage.

Carthage, c'est notre amour?

HENRI Je le crains.

HÉLÈNE Vilain homme! Il ne se plaît qu'à tourmenter les gens!

HENRI, ironiquement.

Exigez-vous qu'il protège nos amours?

HÉLÈNE

Pourquoi s'en occuper? A-t-on médit de sa femme? Jamais! Nous y avons mis toute la discrétion possible. Suis-je libre, oui ou non? Savez-vous une chose? Que je me conduise mal, ça lui est fort indifférent. H nous trouble pour s'amuser. Sa nièce et lui se valent.

HENRI

Pauvre fille! de combien de crimes la voilà chargée!... elle applaudit quand je m'effondre et vole vos lettres... Cela crie vengeance!

HÉLÈNE

Ce cri est entendu... Henri, puisque la présence d'une Mme de Renneval paraît indispensable, que diriez-vous de Françoise?

HENRI

Comment, encore?

HÉLÈNE

Je m'étais engagée à chercher, c'est trouvé!... Sans le savoir, nous avions sous la main la perle souhaitée...

Permettez!... Un mariage me rendra de tels services qu'en principe je m'arrête à l'idée d'une figurante, va pour le mot, puisque la chose vous convient... Pourtant, je réserve mon droit de délibérer sur le choix de cet auxiliaire... Je connais à peine votre nièce... Laissez-moi le temps de l'étudier. Elle ne paraît pas sotte, mais est-elle capable de résignation? Je ne veux pas d'une coureuse,

Page 1