‹ ThéâtreChapitre 77 sur 219 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

messe. Le lendemain du mariage commencera pour toi une existence difficile. La matinée d'aujourd'hui en est un échantillon. A force d'adresse, de patience et d'audace, il faudra conquérir ton mari. La jeunesse, l'amour, la grandeur politique, le bon renom sont de ton côté. Tu triompheras, mais la victoire coûtera cher!

FRANÇOISE Alors, vous me conseillez d'attendre?

THÉODORE

Tu es armée pour la lutte... Si je n'en étais pas persuadé, je ne t'y encouragerais pas. Oh! oui, je l'avoue, malgré ma philosophie, j'ai des heures de dégoût profond, mais tu n'es pas entre mes mains une simple machine de guerre, je le jure. Tu me rendras le repos, c'est vrai, mais tu seras heureuse, c'est forcé.

FRANÇOISE

Adieu le couvent, alors! Fermeté, patience, audace, on en a! Souffrir, on a fait ses preuves ! Ah ! mon oncle, comme je vais être glaciale, insensible, revêche, fausse du matin au soir... fausse abominablement... Car l'aimer comme je l'aime et faire la sans-cœur, peut-on se figurer une tartuferie plus grande?

THÉODORE, souriant.

Quelle ardeur!

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