ACTE II
HENRI
Sur ce point je suis sans inquiétude... Ah! c'est qu'en peu de temps vous avez fait vos preuves. Impossible de s'y prendre plus habilement pour rendre aux députés mon intérieur agréable... Autrefois, ils le traversaient comme une auberge, buvaient mes vins, fumaient mes cigares, et votaient pour Clairaut. Votre présence a tout changé. Quiconque entre ici s'en va lié par une promesse, et une promesse qu'il tient dans plus de la moitié des cas.
FRANÇOISE N'exaltez pas trop mes pauvres mérites!... J'admets, sans fausse modestie, que vos collègues trouvent une réception plus... enveloppante... Ils vous apprécient mieux, vous soutiennent, vous portent... Vous commandez une petite armée dont je suis l'intendant, voilà tout.
HENRI Sans compter le reste!... Si vous ne m'aviez pas démontré que je tirais les marrons du feu avec mes discours qui sauvaient des ministères où il n'était pas question de me faire entrer, est-ce que j'aurais eu l'idée de me fâcher?... Est-ce que Clairaut capitulerait? Vous m'avez prêté un appui moral... Mieux que cela, même, puisque vous venez de négocier le triomphe définitif... Le véritable vainqueur c'est vous.
FRANÇOISE Dirigée par vous, Henri.
HENRI
Non, non. Tant que j'ai manœuvré seul, mes plans ont échoué... Le vainqueur c'est vous!
THÉODORE, souriant.
Pour vous mettre d'accord: le ménage 1...
FRANÇOISE
Il n'y a rien à répondre et vous avez toujours le dernier mot... Permettez-moi, mon oncle, de vous quitter un instant et n'oubliez pas ce que vous m'avez promis.
THÉODORE
Hein... Qu'ai-je promis?... Ah oui!... Tu vas être servie...
Je reviens... (Elle sort.)