‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 42 sur 98 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

TYRENE, BELISE sous le nom de CLEONTE, AMARILLIS, DAPHNÉ.

e Tauise à propos, et le Ciel nous conduit. Nous allions vous trcuuer, agréez la visite Que ce ieune estranger doit à vostre mérite. C'est mon frère en ces lieux arriué fraîchement.

5o AMARILLIS,

AMARILLIS.

Il m'oblige beaucoup.

DAPHNÉ

O Dieux! qu'il est charmant!

CLEONTE.

Surpris, saisi, confus auprès tant d'excellence, Mon meilleur compliment dépend de mon silence; le voy dVn œil charmé vos diuines beautez, Et ie croy me treuuer en des lieux enchantez ; Dés que i'ay commencé de marcher sur vos traces, Mon esprit enchanté vous a pris pour les Grâces; Vous auez leur mcsmc air, leur éclat, leur douceur, Il ne s'y manque rien, que la troisicsme sœur. Ce discours est fondé sur beaucoup d'apparence, Puisque le nombre seul en fait la différence.

AMARILLIS.

Vous nous voulez railler par ce discours flatteur.

On le pourroit nommer l'agrcable menteur.

CLEONTE,

Vous voir sans soupirer, cela n'est pas possible, le ne suis pas de roche, et mon cœur est sensible.

PASTORALE. 5i

Dieux! que mon frère a tort de m'amencr icy Pour perdre ma franchise, et gaigncr du soucy.

TYREN'E.

le vous Tauois bien dit.

CLEONTE,

Il est trop vray, mon frère.

Mais quoy, ie me tairay, de peur de vous déplaire.

AMARILLIS.

L'on treuue en vos discours de si charmans appas, Que vous desobligez quand vous ne parlez pas.

CLEONTE.

Le silence sied bien aux bouches peu disertes; Aux soupirs, malgré moy, mes lèvres sont offertes.

DAPHNÉ

L'on ne peut dire mieux.

CLEONTE.

Mais ma timide voix De vos commandemens prendra toujours des loix.

AMARILLIS.

Nous vserons toujours enuers vous de prières.

DAPHXÉ , bas.

Voici pour mes ennuis de nouuelles matières.

Que ses yeux sont charmans, que sa voix a d'attraits!

AMARILLIS.

Nous souffrons le Soleil, et le logis est prés, Vous pîait-il de le voir?

CLEONTE.

Acceptez ma conduite.

TYRENE.

L'heureux effect! Amour fauorise la suitte.

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