‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 43 sur 98 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

PHILIDAS,

diteillé.

SOmmeil, heureux charmeur des ennuis que ie sens, Pourquoy m'as-tu rendu la liberté des sens? Helas! par ta faueur ie voyois ma Bergère, Et tàchois d'adoucir son humeur trop seuere, Et quoy que sa rigueur estouffast mon espoir, le iouyssois pourtant du bonheur de la voir.

Fay malgré ses efforts sa belle main pressée;

Cet agréable songe a flatté ma pensée;

De ce bien maintenant mes désirs sont priucz.

Mais, ô Dieux! quelle main a mes vers acheuez?

Mais s'il faut qii'vn beau coup finisse ma misère,

Et l'on a mis icy : Non, Philidas, espère.

Pourrois-Je désormais voir le Ciel sans mépris,

Si la main de ma Belle auoit ces mots escrits?

Non, Philidas, espère; 6 Dieux, le puis-je croire;

Puis-Je sans vanité me donner cette gloire?

Non, quelqu'vn qui passoit touché de mon tourment

A ces vers acheuez par diuertissement.

Je ne me flatte point de ce bonheur insigne,

L'ozer imaginer, c'est en paroistre indigne.

l'espereray pourtant, et croiray que le sort

Se sert de ce moyen pour diuertir ma mort.

Fin du second Acte.

AMARILLIS,

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JL

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