‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 49 sur 98 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

DAPHNÉ, TYRENE.

DAPHNÉ

Elle n'est pas icy.

Que cherchez-vous?

DAPHNÉ

Ma sœur.

TYRENE.

Elle a bien du soucy.

DAPHNÉ

Et d'où luy prouient-il?

TYRENE.

D'Amour.

DAPHNÉ

Qu'elle vous porte.

Ô8 AMARILLIS,

TYRENE.

Non, ie serois bien vain de parler de la sorte, Car iamais vn regard, ny la moindre action, Ne m'a fait espérer son inclination.

DAPHNÉ

A qui donc?

TYRENE.

A Tubjet le plus parfait da monde, Dont l'esprit est charmant, la beauté sans seconde, C'est à Cleonte, enfin.

DAPHNÉ

Qui vous Va dit?

'lYRENE.

Leur voix Et tous dcu.K fraichcment ils sortent de ce bois. Ces feuillages espais me cachoient à leur vcuë, Et i'ay fort clairement vostre sœur entendue.

DAPHNÉ

Qu'vn jaloux a de peine, il croit tout ce qu'il craint.

TYRENE.

Vos veux vous diront mieux si son cœur est atteint. Adieu; craignez vous-mesme vne pareille peine. Puis qu'il a bien touché cette belle inhumaine.

DAPHNÉ

setde.

O conseil inutile à mon cœur languissant! On ne craint plus vn mal alors qu'on le ressent. Cet aimable vainqueur a mon amc charmée; O rigoureux malheur! ma sœur en est aymee, Et sa rare beauté me defFend d'espérer Le fruict de le chérir, et de le reuerer.

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