‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 61 sur 98 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

CLEONTE, CELIDAN.

CLEONTE.

IK fais tous mes efforts, mais ie trauaille en vain, Elle demeure ferme en son premier dessein, le blasme son humeur, i'excite sa colore. Et par tous ces moyens, ie ne luy puis déplaire, le vous plains de seruir cette ingrate beauté, !^)ur moy sont les faueurs, et pour vous la fierté.

le ne puis plus aussi différer le supplice Que mon iuste couroux doit à ton artifice. Par ton inuention mes vœux sont méprisez, Traistre. tu plains mes maux, et tu les as causez!

CLEONTE.

Ne vous hastez pas tant, vous entrez en furie, Ce que ie vous ay dit n'est quVne raillerie. Vous estes plus heureux que vous ne pensez pas. Pour me remercier, mettez les armes bas,

C'est tenir trop long-temps vostre esprit en balance. le connois vostre amour, i'en scay la violence, Et veux c|ue vous deuiez à ma compassion Le fruit que vous aurez de vostre affection.

Montrant la lettre.

Voyez ce qu'en deux mots m'ordonne cette Belle, Et receuez de moy ce que i'ay receu d'elle. Allez la voir, ce soir, montrez-luy cet escrit, Dites qu'vn prompt effect a changé mon esprit, Qu'elle a tort de me croire et de se rien promettre. Que moy-mesme en vos mains i'ay remis cette lettre, lurez-luy que ie ris de ses vœux superflus, le confcsseray tout quand vous en direz plus. lugez après cela si Cleonte vous ayme, Et si ie vous sers mieux que ie ne fais moy-mesme.

CELIDAN.

Que ie lise ces mots.

// lit tout bas; ayant lit , il dit : L'infidelle beauté! Sans doute ie vous doy le bien de la clarté. Et ie suis tout confus d'auoir eu la pensée Que ma fidèle amour fust par vous trauersee; le ne sçaurois payer vn si rare plaisir.

CLEONTE.

Allez, il en faudra parier plus à loisir,

X) AMARILLIS,

Il faut que Philidas après vn long martyre Arriue par mes soins à Thymen qu'il désire; l'ay fait à cet Amant espérer du repos, 11 le mérite bien. Mais il vient à propos.

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