‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 79 sur 98 · DE TRISTAN L HERMITE XIII · texte numérisé non relu

DE TRISTAN L HERMITE XIII

Nos nations n'ont rien d'approchant; En leur quartier le jour s'achève :

Lorsqu'ils ont leur soleil toujours couchant, Le nostre encore se levé; Et ceux qui comme nous vivent dessous ses loix Ne sçauroient estre que François.

Ces couplets, fort ordinaires, n'ont rien en euxmêmes qui trahisse leur auteur. Ce qui est certain, c'est qu'ils n'ont ni la grossièreté ordurière des Vers du Ballet de Mgr., frère du roi ( 162-/ ), publics dans le même recueil (t. iv, p. i5-28) et signés T. L., ni Tampleur, l'harmonie, l'esprit de deux Jolies pièces Pour Mojisieur, représentant une Sultane et Pour Monsieur, représentant un Afriquain , signées T., dans le Grand Bal de la Douarière de Billebahaitt (t. m, p. 171 et 184, du recueil de Paul Lacroix), qui fut dansé par le roi, au mois de Février 1626, d'abord au Louvre, puis à l'Hôtel de Ville. Si le jeune Tristan est vraiment pour quelque chose dans l'un de ces trois ballets, je souhaiterais que ce fût dans le dernier.

Il ne se contenta pas de faire des vers pour les ballets de Monsieur; il y dansa.

Nous avons montré dans notre livre sur Tristan l'Hermite (p. 179-182) comment, depuis son retour de Flandre à la fin de 1634, le poète se travaillait pour rentrer dans la maison du duc d'Orléans. Il multipliait les démarches auprès des favoris du prince, les pièces

XIV POSTFACE DES ŒUVRES DRAMATIQUES

de vers en Thonneur de Monsieur lui-même; pour Tobliger sans doute, il dansa dans un de ses ballets, en i638.

En 1637, Gaston s'était épris de la Tourangelle Louison Roger; afin de toucher son cœur, Goulas nous dit qu'il la voulut traiter « comme la plus grande princesse de l'Europe » ', et que, pour lui donner une fête sans égale, il réquisitionna tout ce qu'il y avait à Paris de musiciens, de poètes, de beaux esprits et de baladins. Le Ballet du. mariage de Pierre de Provence et de la belle Magnelonm'' fut monté à Tours avec une magnificence inouïe et dansé avec un succès tel que le cardinal de Richelieu pria le prince de vouloir bien le danser à nouveau devant lui. Or dans ce ballet figurait un sieur de Tristan, qui ne peut guère avoir été que notre poète lui-même, lequel devait peu après « servir au ballet » du Triomphe de la Beauté, composé par l'abbé d'Aubignac pour l'hôtel de Richelieu\ Voici les vers en son honneur que donne le livret :

Pour le sieur de Tristan , représentant l'interprète du Juif errant.

Si mon amour et ma constance Esbranlenl votre résistance, Vous disposant à la pitié,

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