‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 89 sur 98 · DE TRISTAN L HERMITE XXVII · texte numérisé non relu

DE TRISTAN L HERMITE XXVII

contrée, ou signale à son élève un détail précis, qui la peut particulièrement intéresser : au Brésil « est le fort de Coligny, basty par le Chevalier de Villegagnon » ; en Suisse, le comté de Neufchàtel appartient à M. le duc de Longueville; « Malte est une petite Isle, non gueres ioing de Sicile; la ville capitale est Malte; les autres sont : le Bourg, au bout duquel est le Chasteaii sainct Ange, l'Isle de la Sangle, ou Bourg sainct Michel, au bout de laquelle est le Fort S. Elme. » Quant à rÉthiopie supérieure, dont, à cause du prétendu prince d'Ethiopie, on parlait tant alors, elle appartient « partie au Turc, partie au Preste-Jean, et partie aux Sarrazins »; mais les Espagnols ont occupé « la plus grande partie de ce qui estoit aux susdits Sarrazins. » D'autres fois le maître indique en passant les sièges d'évêchés et les lieux de pèlerinage : l'île de Lampadouse est « fameuse pour le miracle qui se fait en sa Chappelle » ; dans le Groenland « il n'y a rien de fameux que le monastère S. Thomas , où le Printemps est perpétuel » ; en Galilée est le mont Carmel et en Judée le torrent de Cédron; en Thébaïde « estoient les déserts où demeuroient les anciens Hermites » ; l'évéque de toutes les îles du Prince réside à S. Thomas. De très loin en très loin on trouve une ébauche de description ou un détail pittoresque comme celui-ci : le mont Hécla « jette incessamment des flammes». Chose curieuse, la description la plus longue (elle a cinq lignes!) est celle

XXVni POSTFACE DES ŒUVRES DRAMATIQUES

d'une petite île, alors bien obscure, mais qui devait deux siècles après devenir illustre entre toutes, « Saincte Hélène, que Ton appelle communément l'Hostcllerie de la Mer. En cette isle il y a un bon port, et une Chapelle de S. Hélène, près laquelle est la fontaine tant renommée, de laquelle l'eau ne se gaste jamais. »

Les Elemens d'Astronomie, qui terminent le volume, ne présenteraient aujourd'hui pas plus d'intérêt que le Traité de la Sphère , qui l'ouvre, si le dernier chapitre: « Quelles maladies sont causées par l'injluence des plancttcs » n'était pas un singulier témoignage de toutes les superstitions de l'époque. Et Tristan y attachait tant d'importance qu'il l'a même voulu résumer, pour qu'il frappât mieux l'esprit, dans une Table analogique des corps supérieurs et inférieurs. Dans ce chapitre sont condensées toutes les notes qu'il a prises sur de telles questions à Loudun, chez Scévole de Sainte-Marthe, et celles qu'il a réunies depuis. Nous croyons curieux de le reproduire ici : quand on l'aura lu , on comprendra mieux comment Tristan, dans ses Annotations sur son poème des Plaintes d'Acante , nous racontait gravement, par exemple, que « la racine maschée de l'adonis attire la pituite, et que son Jus attiré par le nez tue les vers qui s'engendrent au cerveau » ; comment, au commencement de sa Mariane, il a, quelques mois auparavant, placé dans la bouche de Pherore cette longue dissertation

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