DE TRISTAN L HERMITE XXXVII
Chute de Phaéton, qui ne fut probablement pas représentée, et qu'il devait dédier plus tard à M. de Modène, amant de Madeleine Béjart et futur mari de Madeleine l'Hermite : onc n'y eut famille plus unie.
M. Jacques Madeleine nous signale une édition de La Mort de Chrispe, que nous ne connaissions pas. C'est un in-i2, publié en i652, en même temps qu'une Alariane, « à Tolose, chez Arnaud Colomiez, Impr. du Roy, et Jean Brocour, rue de la Porterie. »
Stances de Tristan à la reine Christine
On peut voir dans notre livre sur Tristan VHermite (p. 289-290) une curieuse lettre de Chevreau à Tristan, dans laquelle le plus jeune des deux poètes fait adroitement et respectueusement comprendre à son illustre aîné que la reine de Suède a peu goûté des stances qu'il lui avait envoyées en i653 par l'intermédiaire du comte deTott; mais nous n'avions pu mettre la main sur les stances mêmes de Tristan. M. Jacques Madeleine a été plus heureux. Dois-Je dire plus heureux? On verra tout à l'heure que ces stances médiocres et pénibles justifient
XXXVIII POSTFACE DES ŒUVRES DRAMATIQUES
le froid accueil de Christine et font comprendre le regret qu'éprouva d'abord M. Jacques Madeleine, pieux disciple de Tristan, de les avoir exhumées.
Elles étaient enfouies dans un petit in-i2de 242 pages, intitulé : Nouveau Recueil de Harangues faites au Roy et aux Reynes à leurs entrées, avec plusieurs lettres sur toutes sortes de sujets. A Paris, che:[ Gabriel Quinet, etc., MDCXLV.'
Sur 175 pages de harangues en prose ou en vers que contient ce volume, plus de i5o ont été lues à la reine de Suède, ou lui ont été envoyées; l'encombrante Christine envahit donc presque tout le recueil et le fait pour ainsi dire sien. Tous les corps de l'Etat défilent devant elle et lui infligent chacun un ou plusieurs discours : Académie française, Sorbonne, Chambre des Comptes, Cour des Aides, Parlement de Paris et Parlements de province, le clergé de France; après les curés, voici les poètes : du Teil, Chevreau, Le Clerc, Bourdelot, et, fermant la marche, le célèbre auteur de LaMariane, Tristan THermite.
Le titre seul de ses stances est déjà fâcheux :
I. L'Achevé d'imprimer prouve que cette date est fautive, et qu'on doit lire MDCLXV.