‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 93 sur 98 · DE TRISTAN L HERMITE XXXV · texte numérisé non relu

DE TRISTAN L HERMITE XXXV

déjà que celui-ci avait épousé une proche parente de Madeleine Béjart, Marie Courtin; mais cette Marie Courtin, nous l'avions prise à tort, à cause de son âge, pour une cousine germaine de Madeleine Béjart'. M. Henri Chardon a extrait du Dossier Courtin, au Cabinet des Titres de la Bibliothèque Nationale, une note, qui semble bien prouver qu'elle était non sa cousine germaine, mais sa tante : « Le 2 Mars i636, mariage de J.-B. l'Hermite avec Marie Courtin, assistée de Simon Courtin, son père, et de Joseph Berard, son beau-frère*. »

Ce Joseph Berard, ou Besart, ou Béjart (on trouve les trois orthographes) était le père de Madeleine. Pour qu'il fût le beau-frère de Marie Courtin, il fallait que sa femme, Marie Hervé, fût la sœur de celle-ci. Or, la mère de Marie Hervé, dit Beffara, s'appelait Madeleine Nolles. Nous devons admettre — ce qui d'ailleurs est facile — que cette Madeleine Nolles avait épousé en premières noces un Hervé, dont elle avait eu une fille, Marie Hervé, et en secondes noces Simon Courtin, dont elle avait eu une deuxième fille, Marie Courtin, plus jeune de vingt ans environ que sa sœur utérine.

1. N.-M. Bernardin, Hommes et Mœurs au xvn<= siècle , Un Atari d'actrice et Le Mariage de Molière, p. 187-247, à la Société Française d'Imprimerie et de Librairie , 1 5 , rue de Cluny.

2. Union de la Sarthe , n» du i5 Février 1887. — Cette note concorde bien avec l'acte de baptême de Madeleine l'Hermite, fille de Marie Courtin et nièce de Marie Hervé, qui a été publié pour la première fois in extenso dans nos Hommes et Mœurs au xvii* siècle, p. 196.

XXXV[ POSTFACE DES ŒUVRES DRAMATIQUES

laquelle fut probablement sa marraine, puisque la cadette portait le même prénom que Taînée. Cette famille était très unie — elle le sera toujours, malgré tout, étonnamment — puisque la première fille de chacune des deux filles de Madeleine Noiles portera le prénom de sa grand-mère : Madeleine Béjart et Madeleine l'Hermite.

Mais la note publiée par M. Henri Chardon ne nous renseigne pas seulement sur les liens de parenté qui unissaient Madeleine Béjart à Marie Courtin; elle nous prouve que la jeune tante ne donnait pas à sa nièce l'exemple de la vertu. C'est le 2 Mars i636 qu'elle a épousé J.-B. l'Hermite, et c'est dès le 25 Février de la même année que leur fille Madeleine avait été tenue sur les fonts d'Angerville par sa tante, Marie Hervé,

On voit toutes les conséquences que l'on peut tirer du rapprochement de ces deux dates : d'abord Madeleine l'Hermite, la future comtesse de Modène, est née avant le mariage de ses parents; ensuite, avant son mariage, Marie Courtin était bien une actrice galante, courant la province avec sa sœur et ses nièces dans le chariot des comédiens, et elle n'a été épousée qu'à cause de sa fille; enfin J.-B. l'Hermite, par amour pour elle, avant même de l'avoir épousée, conduisait sans doute le chariot en qualité de poète des comédiens, et il commençait de rimer, pour qu'elle y eût un rôle, cette

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