SOLDAT
Seigneur, Cirus est prest d'aller trouuer la Reync, Il sort du pauillon pour tourner vers le sien.
ARASPE
Allons nous affliger de nostre propre bien.
DEVXIESME.
PANTHEE, CHARIS, ROXANE,
PANTHEE.
Vel objet nVaparoist? Quelle image agréable Me promet de la ioye et me rend misérable ?
.Représente ma vie et me voiie au trespas? O charmante merueille! ô funeste prodige! C'est tout ce que i'adore, et tout ce qui m'afflige, C'est mon cher Abradatc, et si ce ne l'est pas.
Ce n'est rien que son corps, son Ame en est partie, Les Dieux m'ont enleué la meilleure partie De cet aymable tout dont mon bien dependoit. Arbitres des mortels dont le soing nous regarde, Est-ce là le depost que vous auicz en garde , Et qu'auec tant de soing l'on vous recommandoit?
SS PANTHEE,
Tant de pleurs rcspandus et tant de sacrifices, Pour le faire marcher soubs vos diuins auspices. N'ont peu vous obliger d'en prendre du soucy? N'auez-vous accepté mon encens ny mes larmes, Que pour l'abandonner dans le péril des armes; Et Tauez-vous receu pour me le rendre ainsi?
Mais l'excez des douleurs rend ma plainte indiscretic; Pardonnez-moy, grands Dieux; celuy que ie regrette Reçoit de vostre part vn traictement bien doux ; Ce Héros glorieux, dont la vie est si belle. N'a quitté maintenant sa despouiile mortelle Que pour auoir Fhonneur d'estre pareil à vous.
Sans doute il est assis là-haut à vostre table; Il y boit à longs traits d'\n Nectar délectable : Et des biens éternels il est fait héritier : Mais, souffrez que ie sois auec luy transportée, Car tandis qu'il viura séparé de Panthée, Vous n'aurez pas le bien de Tauoir tout entier.
Attendant que la mort vienne finir mes plaintes ; O beau corps tout percé de mortelles atteintes : Reliques d'Abradate, Objet qui m'es si cher : Pour les derniers honneurs que le deuoir m'ordonne. Reçoy ces tiedes pleurs que mon amour te donne Auccquc CCS chcueux que ie vay m'arracher.