‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 89 sur 89 · PROBE · texte numérisé non relu

PROBE

Non Sire, elle a fini dans vn bassin plein d'eau :

DE CHRISPE. 119

Comme elle est arriuce en la prochaine cstuue Elle mesme a donné Teau chaude dans la cuve, Qui par quatre canaux coulant incessamment, A rendu ce vaisseau comblé dans vn moment; L'eau bouillonne en fumant de son dernier suplice, Et tandis la superbe et triste Impératrice Passe dans sa ceinture vn coffre tout plein d'or, Puis dit : Ce beau métal doit nous seruir encor : Qu'on me l'attache bien de peur qu'il se deslie. Comme i'ay tout perdu tu me perds Cornelie : Mais pour recompenser ton seruice et ta foy, le laisse des Enfans qui prendront soin de toy. Serre encore ces nœuds d'vne estreinte plus forte, Cet or sera pour toy lors que ie seray morte. Toy, Probe, de ma part retourne à Constantin, Dy luy qu'auec plaisir i'acheue mon destin, Qu'il soit autant heureux que ie suis misérable. Si ie meurs tout ensemble innocente et coupable. Lors, tenant le coffret serré de ses deux bras. Elle s'est eslancee en l'eau la teste en bas : Au fond de l'eau bouillante elle s'est abysmee. Et l'on n'a plus rien veu dans l'espaisse fumée.

CONSTANTIN

Il iaLii qu'on la retire, et que soudainement On \d fasse sans bruit porter au monument. Elle iiuoit des défauts, mais elle auoit des charmes Qui m'obligent encore à respandre des larmes.

Fin du cinquiesme et dernier Acte de la Mort de Chrispe,

Bibliographie et Variantes

Dans ses Anecdotes dramatiques t. m. p. 477), l'abbé de la Porte estime qu'au temps où il écrivait (1775), il y avait encore quelques pièces de Tristan auxquelles on rendait toujours justice : « Mariane ^ sur-tout, et la Mort de Chrispe feront honneur aux talents de ce Poète. » Je suis bien loin de priser la Mort de C hr isp e eiuia.m que Tabbé de la Porte, et. comme M. Bernardin, je préfère, de beaucoup, la Mort de Seiièque et Osman , mais ce ne fut pas, semble-t-il , Tavis des libraires et des comédiens, car la fortune dramatique et littéraire de la Mort de Chrispe égala presque celle de Mariane.

Nous en avons, pour témoins, les diverses et nombreuses réimpressions qui se succédèrent; car, sans parler de l'édition de 1645, chez Cardin Besongnc. reproduite ici, on peut citer, dans leur ordre chronologique, les éditions : de Bernard Fouchac, Toulouse, i652,

iîi-8o; de Nicolas Oudot, Troyes, i656, in-12 ; de Paris, 1 7 1 3 , in-12; puis , enfin , celles parues en diverses compilations (Théâtre français de Pierre Ribou, t. i, ijoS ; Recueil de Gandouin, t. 11, 1737, Recueil de Delisle de Sales, 1780).

Rien d'intéressant à signaler en ces divers textes, qui se reproduisent tous avec d'insignifiantes variantes.

Je me contenterai donc d'indiquer, ici , les corrections que j'ai cru devoir apporter à l'édition de 1645 , corrections d'ailleurs purement typographiques.

Page 4'^>, au lieu de

le sçay bien que mon Fils m'aime auec tendresse, j'ai corrigé :

le sçay bien que mon Fils m'aime auecque tendresse.

Page 48 , dans le vers

Et parmi cet horreur à mil autre pareille^ pareille étant au féminin, j'ai cru devoir imprimer, également au féminin, cette et nulle:

Et parmi cette horreur à nulle autre pareille.

Page 74, le 4^ vers contient une faute grossière. Et fait que pour Constance il m est tout en oubly qu'il a été facile d'éliminer :

Et fait que pour Constance, il met tout en oubly.

Page 91,

Il aura part au crime et non chastiment

est devenu

Il aura part au crime et non au chastiment.

Page 1