MORT DE SENEQUE
de 1646 se compose de xiv-94 pages et celle de 1647 n'en contient que vni-80), certaines fautes graves ont été corrigées dans le dernier texte. C'est ainsi que l'on voit des vers faux remis sur leurs pieds. Le
Te puis-ie prêter l'Autheur de ma naissance? des éditions de 1645 et 1646 (page 14 de mon texte ) est devenu, en 1647 •
Te puis-ie comparer TAutheur de ma naissance? Je n'ai cependant pas adopté cette dernière version, et j'ai rétabli le mot préférer, qui donne, à mon avis, le véritable sens. Il y a, en effet, de fortes raisons de penser que Tristan se préoccupait très peu de corriger ses épreuves et abandonnait ce soin à ses imprimeurs. Ne rencontre-t-on pas, à la page 117, le vers suivant :
Quoy! nous ne verrons plus cette perle de Cour! C'est fort bien en situation, surtout dans la bouche de Sabine-Poppée, qui, en maint endroit, manie l'ironie de terrible façon. Or, les trois éditions portent le contresens et le non-sens que voici :
Quoy! nous ne verrons plus cette perte de Cour! Un poète comme Tristan n'eût-il pas fait disparaître cette énorme coquille, s'il s'était donné la peine de relire son œuvre imprimée?
Il me reste à signaler une autre faute grave que j'ai pu encore éliminer, grâce à l'examen simultané des trois éditions.
Dans le texte de 1 645 , on trouve , à la page 1 20 : Tous deux forment des loix qu'on ne peut vider, Et leurs Arrêts sont tels qu'onw'cn peut appelkr. Le typographe soigneux qui remettait sur leurs pieds
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les vers faux que laissait passer notre poète a remanié ainsi, en 1646 :
Tous deux forment des loix que l'on ne peut viiyder, et, en 1647 •
Tous deux forment des loix que Von ne peut vider, mais , en corrigeant, il a totalement oublié la rime, que Tristan, rimeur remarquable, n'aurait jamais blessée de si méchante façon, et je n'ai eu aucune peine et aucun mérite à rétablir le vrai texte :
Tous deux forment des loix qu'on ne peut violer,
Et leurs Arrêts sont tels qu'on n'en peut appeller. Je dois signaler encore une dernière variante qui suffirait à prouver, de façon irréfutable, qu'il existe de notables différences entre les trois éditions :
Le vers suivant (édition de 1645, page 54),
Mais iuge de cœur et non pas de mon stile devient, en 1646,
Mais iuge de mon cœur et non pas de mon stile. et, en 1647 '
Mais iuge de ce cœur et non pas de mon stile. Enfin, un vers évidemment mauvais figure dans les trois éditions, et aussi dans ma réimpression, page 60, car n'ayant pu trouver la correction indiscutable , j'ai mieux aimé la faute qu'un remaniement peut-être maladroit :
Ce songe absolument so)it de vaines menaces Je serais vraiment heureux si l'un de mes lecteurs, parvenant à rétablir le texte véritable, consentait à me communiquer le résultat de ses observations sur ce passage douteux.
M DCCCCII
l8 SEPTEMBRE
La Bibliothèque Université d'Ottawa Echéance
The Library University of Ottawa Date Due