‹ ThéâtreChapitre 112 sur 286 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

■WALLEN'STEiN. Il va h Frauenberg conduire les régiments espagnols et italiens.

TERZKY. Di^eu veuille que vous n'accomplissiez pas ce projet !

iLLO. Voulez-vous confier vos troupes à ce perfide, le laisser s'éloigner juste au moment décisif?

TERZKY. Ne faites pas une telle chose, pour tout au monde ne la faites pas !

WALLENSTEiN. Vous êtcs dcs hommcs singuliers.

ILLO. Ob ! pour celte fois seulement écoutez nos avis, ne le laissez point partir !

WALLENSTEiN. Et pourquoi ne me ficrais-jc pas à lui cette fois, comme je l'ai toujours fait? Qu'est-il arrivé qui doive détruire la bonne opinion que j'avais de lui ? Faut-il, selon votre fantaisie, et non pas selon mon expérience, changer de sentiment à son égard? Ne pensez pas que j'aie une légèreté de femme. C'est parce que je me suis confié à lui jusqu'à ce jour, que je veux m'y confier encore.

TERZKY. Mais pourquoi choisir précisément celui-là? Envoyez-en un autre.

WALLENSTEIN. Nou, cc scra celui que j'ai choisi. Il convient à cet emploi ; voilà pourquoi je le lui ai confié.

iLLO. C'est un Italien, voilà pourquoi il vous convient.

WALLENSTEIN. Je sais bien que vous n'avez jamais aimé ni le père ni le fils. Parce que je les estime, que je les aime, que je les préfère visiblement à vous et à d'autres, comme ils le méritent, ils ofi'usquent votre ^ vue ; mais qu'importe à mes intérêts votre jalousie ? Vous les haïssez, cela ne leur nuit point à mes yeux. Aimez-vous, haïssez-vous les uns les autres, comme vous voudrez ; je laisse chacun libre de ses sentiments et de ses inclinations, mais je sais très-bien ce que vaut pour moi chacun de vous.

ILLO. Il n'ira pas, dussé-je faire briser les roues de sa voiture.

WALLENSTEIN. Modèrc-toi, lUo.

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