‹ ThéâtreChapitre 113 sur 286 · IS · texte numérisé non relu

IS

TERZKY. Tant que Guestenbcrg est resté ici, il a coa» stamaient été avec lui, ils ne se quittaient pas.

"WAi-t^NSTLiN. Je le savais et je l'avais permis.

TERZRT. El les messagers secrets qu'il a reçus de Ga las,., je sais aussi cela, moi !

WALLENSTEiN. Cela u'cst pas vrai.

ILLO. Oh ! que vous êtes aveugle avec vos yeux clairvoyants !

vvALLENSTEix. Vous n'ébranlcrcz pas ma confiance, car elle est fondée sur la science la plus élevée. S'il me troaipe, la connaissance des astres est un mensonge ; car sachez que j'ai un gage du destin même qui me répond qu'Octavio est le plus fidèle de mes amis.

ILLO. Et qui vous répond que ce gage ne vous trompe pas?

WALLENSTEix. Il y a des moments dans la vie de l'honimc où il se rapproche de l'espi'it qui gouverne l'univers, où il peut librement interroger le sort. Dans un de ces moments, pendar^t la nuit qui précéda la bataille de Lulzen, j'étais appuyé, pensif, contre un arbre, les yeux errant sur la plaine. Les feux du camp jetaient un sombre éclat à travers le brouillard ; le bruit sourd des armes, le cri monotone des sentinelles interrompaient seuls le silence. En ce moment ma vie entière, avec son passé et son avenir, était concentrée dans une contemplation intérieure, et mon esprit rêveur attachait aux événements du lendemain l'avenir le plus reculé. Je me disais à moi-même : « Combien d'hommes qui sont là placés sous ton commandement et qui suivent ton étoile ! Ils ont uni toutes leurs chances de fortune sur ta tête, comme sur \\n numéro de loterie, et ils se sont embarqués avec loi sur le navire de to'j destin. Cependant, s'il venait un jour où tous ces hommes fussent dispersés par le sort, bien peu te resteraient fidèles. Je voudrais savoir celui de tous les hommes renfermés dans ce camp qui me serait le plus fidcle. Fais-le-moi connaître par un signe, ô destin.

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