‹ ThéâtreChapitre 114 sur 286 · ACTE II, SCÈNE III. ISl · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. ISl

Que ce soit celui qui viendra à moi demain malin pour nie donner une preuve d'attachement. » Et je m'endormis dans cette pensée. Et je fus transporté en esprit au milieu de la bataille ; la mêlée était rude. Une balle tua mon cheval, je tombai ; cavaliers et chevaux passaient sur moi sans y prendre garde ; j'étais là éloufTé, mourant, foulé aux pieds. Tout à coup un bras secourable me saisit, c'était Octavio ; je m'éveillai, il était jour, et Octavio était devant moi. » Frère, dit-il, ne monte pas aujourd'hui le cheval pie dont tu te sers habituellement ; monte plutôt ce cheval que j'ai choisi pour toi. Fais cela pour l'amour de moi ; un songe m'a donné celte idée. » Et la vitesse de ce cheval me déroba aux dragons de Banner, qui me poursuivaient. Le jour même, nion cousin monta le cheval pie, et jamais je n'ai revu le cheval ni le cavalier.

iLLO. C'est un hasard.

WALLENSTEIN, g7xwcment. Il n'y a point de hasard ; ce qui nous semble un accident aveugle provient directement des sources les plus profondes. J'ai l'assurance sacrée qu'Octavio est mon bon ange ; maintenant, pas un mot de plus. (// se retire.)

TERZKY. Ce qui me console, c'est que Max nous reste comme otage.

ILLO. Et celui-là ne sortirait pas vivant d'ici.

■WALLENSïEiN revient à eux. Vous êtes comme les femmes, qui en reviennent constamment à leur premier mot quand on leur a parlé raison pendant des heures entières. — Sachez que les actions et les pensées des hommes ne ressemblent pas aux vagues de la mer qui s'agitent aveuglément ; elles ont leur monde intérieur, d'oîi elles découlent sans cesse comme d'ua puits profond ; elles se développent nécessairement comme le fruit des arbres, le jeu du hasard ne peut les dénaturer. J'ai pénétré jusqu'au fond de l'âme humaine et je connais ses volontés et ses actions.

{Ils sortent.)

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