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ACTK II, SCÈNE VII

MAX se Vece et le 7'egarde d'un air soupçonneux. Serai lil possible, mon père? Auriez-vous conduit tout ceci' avec préniédilalion ? C'est par sa chute que vous vous élevez? Octavio, cela m'afflige.

ocTAvio. Dieu du ciel !

MAX. Malheur à moi ! la nature est bouleversée poui moi, et le soupçon est resté dans mon âme heureuse. Confiance, croyance, espoir, tout est perdu, car tout ce que je vénérais le plus m'a menti. Non, non, pas tout. Elle vil encore pour moi, celle qui est vraie et pure com.me le ciel. Partout règne la trahison, i'hypocrisie, le meurtre, le poison, le parjure, la fausseté. Notre amour est le seul sentiment pur. Tunique sanctuaire dans l'humanité qui n'ait pas été profané.

ocTAViO. Max, viens avec moi tout de suite, cela vaut mieux.

MAX. Quoi? avant de lui avoir dit encore adieu, le dernier adieu ! jamais !

OCTAVIO. Épargne-toi les douleurs d'une séparation nécessaire. Viens avec moi, viens, mon fds. (// veut l'entraîner.)

MAX. Non, aussi vrai que Dieu existe.

OCTAVIO, d'un ton plus pressant . Viens avec moi, je te l'ordonne, moi, ton père.

MAX. Ordonnez-moi ce qui est humainement possible. Je reste.

OCTAVIO. Au nom de l'empereur, suis-moi.

MAX. L'empereur n'a pas d'ordre à donner à mon cœur. Et voulez-vous donc m'enlever la seule consolation qui me reste, sa pitié? Faut-il accomplir cruellement une décision cruelle? Faut-il prendre honteusement mon parti, me dérober à ses yeux par une fuite lâche et indigne ? Non. Elle verra mes regrets, mes douleurs ; elle entendra les plaintes de mon âme déchirée et versera des larmes sur moi. — Oh ! les hommes •sont cruels ; mais elle, c'est un ange. Elle sauvera mon âme du désespoir terrible et furieux ; elle apaisera par

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des paroles compatissantes, par de douces consolations, ces douleurs mortelles.

ocTAVio. Tu ne te sépareras pas d'el.'e, tu ne le pourras. Viens, mon fils, sauve ta vertu.

i«Ax. N'employez pas en vain vos paroles. J'obéis à îà voix de mon cœur, la seule à laquelle je puisse avoir confiance.

OCTAVIO, tremblant et hors de lui-même. Max! Max! si cel afîVeux malheur devait m'atteindre, si toi, mon fils, mon propre sang... non, je n'ose y penser... si tu t'abandonnais à une telle honte, si tu imprimais cette flétrissure à Thonneur de notre maison, le monde verrail avec eff"roi, dans un épouvantable combat, le sang du père ruisseler sous le glaive du fils !

MAX. Ah ! si vous aviez eu toujours meilleure opinion des hommes, vous eussiez mieux agi. Maudit, soupçon ! déplorable méfiance! Il n'y a rien de ferme, rien d'assuré, tout vacille aux yeux de celui qui n'a point de confiance.

OCTAVIO. Et si je me fie à ton cœur, sera-t-il toujours en ton pouvoir de suivre ses inspirations?

MAX. Vous n'avez pu étouffer la voix de mon cœur, le duc ne le pourra pas plus que vous.

OCTAVIO. 0 Max! je ne te reverrai jamais.

MAX. Vous ne me reverrez jamais indigne de vous.

OCTAVIO. Je vais à Frauenberg; jeté laisse ici, pour te défendre, les régiments de Pappenheim, de Lorraine, de Toscane et de Tiefenbach. Ils t'aiment, ils sont fidèles à leurs serments, et ils préféreront succomber bravement dans un combat plutôt que de manquer h. leur chef et à l'honneur.

MAX. Soyez sûr que je perdrai la vie en combattant, ou que je les emmènerai hors de Pilsen.

OCTAVIO. Mon fils, adieu !

MAX. Adieu!

OCTAVIO. Quoi ! pas un regard d'affection, pas un serrement de main en nous quittant ! Nous marchons à

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une guerre sanalanle tlonl le résultat est incertain. Ce n'était pas ainsi que nous avions coutume de nous sé- ( arer autrefois. Il est donc vrai, je n'ai plus de fils! {}fax se jette dans ses bras. Tous deux se tiennent longtemps serrés l'un contre Vautre en silence, puis ils s'éloignen*. chacun d un côté différent.)

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