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ACTE III, SCÈNE IV

fille ? Est-ce donc par ses filles, par ses seuls enfants, que l'on témoigne sa bienveillance ?

LA DUCHESSE. Son noblc caractère et ses manières...

WALLENSTEiN. Lui donnent des droits sur mon cœur, mais non pas sur ma fille.

LA DUCHESSE. Sa position, ses aïeux...

WALLEXSTEIN. Scs aïcux, quol ? Il est sujet, et c'est sur les trônes de l'Europe que je veux me chercher un gendre.

LA DUCHESSE. 0 chcr duc ! n'essayons pas de monter trop haut, de peur de tomber ensuite trop bas.

TVALLENSTEiN. Quoi ! j'aurais fait tant de sacrifices pour m'élever k la hauteur oîi je suis, pour laisser derrière moi le vulgaire des hommes, etje termineraisce grand rôle par une alliance ordinaire? Est-ce pour cela ?...(//■ s'arrête tout à coup, et se remet.) C'est tout ce qui survivra de moi dans ce monde. Je veux mettre une couronne sur sa tête, ou mourir. Quoi? tout, tout ce que je risque pour lui donner un sort plus élevé, au moment môme oii nous parlons... (// s'arrête pensif.) Et maintenant je pourrais, comme un père sans fermeté, seconder cet amour, contracter cette ajliance bourgeoise ? et c'est aujourd'hui que j'y consentirais, aujourd'hui même que j'espère consommer mon œuvre? Non, c'est pour moi un trésor longtemps réservé, c'est la part la plus précieuse de ma richesse, et je ne l'échangerai que contre un sceptre royal.

LA DUCHESSE. 0 mon époux ! vous construisez votre , éciilice, vous Télevez jusqu'aux nues, vous bâtissez toui(jurs, toujours, et vous ne songez pas que sa base Mioitene peut supporter cette construction fragile et cliancelante.

AVAiLENSTEiN, à la comtesse. Lui avez-vous annoncé qu.l séjour je lui destine?

LA COMTESSE. Pas cncore. Vous le lui direz vous-même.

LA DUCHESSE. Comment ! ne retourneions-nous pas "en Carinthie ?

172 LA MORT DE WALlEISSTKIN.

WALLENSTEIN. Notl.

LA DUCHESSE. Ou dans une autre de vos terres?

W4LLENSTEIN. Vous n'y scriez pas en sûreté.

LA DUCHESSE. Pas en sûreté, dans les États de rem« pereur, sous la protection de l'empereur?

WALLENSTEiN. L'épouse de Friedland n'a rien à espérer de l'empereur.

LA DUCHESSE. 0 Dieu ! vous auriez poussé les choses jusque-là V

■WALLENSTEiN. Vous trouvcrez un asile en Hollande.

LA DUCHESSE. Quol ! VOUS uous cnvoyez dans un pays luthérien ?

WALLENSTEIN. Le duc Frauçois de Lauenbourg vont accompagnera.

LA DUCHESSE. Laueubourg ! l'allié des Suédois ! l'ennemi de l'empereur !

WALLENSTEiN.Les eunemis de l'empereurnesont plus les miens.

LA DUCHESSE rcgcii'de avec effroi le dvc et la comtesse. Il est donc vrai, c'est décidé : vous êtes disgracié, déchu du commandement ! Dieu du ciel !

LA COMTESSE, G part, OU duc. Laissons-la dans cette idée ; tu vois qu'elle ne pourrait supporter la vérité.

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