‹ ThéâtreChapitre 145 sur 286 · ACTE III, SCÈNE XV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XV

LE SOUS-OFFICIER. Ce quG je demandais, mon fféiK^ral, l'honneur de servir dans les cuirassiers.

WALLtiNSTEiN, SB tournant vet'S un aut7^e. Tu étais parmi les volontaires que je lis sortir d'Altenberg pour s'emparer de la b.itlerie suédoise ?

DEUXIÈME CUIRASSIER. C'cst vral ! mon général.

WALLENSTEiN. Je u'oublie jamais celui à qui j'ai parlé une seule fois. Dites-moi votre affaire.

LE sous-OFFiciKR Commande. Portez arme !

WALLENSTEIN s'ttdresse à un troisième. Tu t'appelles Risbeck, et tu es né à Cologne ?

TROISIÈME CUIRASSIER. Risbcck, de Cologne.

WALLENSTEIN. Tu amenas prisonnier dans le camp de Nuremberg le colonel suédois Dûbald?

TROISIÈME CUIRASSIER. Ce n'est pas moi, mon général.

WALLENSTEIN. Non, c'estjuste; c'est ton frère aîné. Tu avais encore un frère plus jeune ; où est-il ?

TROISIÈME CUIRASSIER. Il cst à Olmutz, dans l'armée de l'empereur.

WALLENSTEIN, ttu sous-officier. Eh bien! je vous écoute.

LE sous-OFFiciER. Il nous cst vcuu dans les mains une lettre de l'empereur qui...

WALLENSTEIN, V interrompant . Qui vous a choisis?

LE sous-OFFiciER. Chaque escadron a tiré son homme 4U sort.

WALLENSTEIN. AUons au fait.

LE SOUS-OFFICIER. Il uous cst vcnu dans las mains une lettre de l'empereur qui nous ordonne de ne plus Dbéir à ton commandement, parce que tu es un traître et un ennemi de la patrie.

WALLENSTEIN. Qu'avcz-vous résolu ?

LE SOUS-OFFICIER. Nos camaradcs à Braunau, à Budweis, à Prague, à Olmutz, ont déjà obéi, et les régiments de Tiefenbach, de Toscane, ont suivi leur exemple... Mais nous ne croyons pas que tu sois un traître, ua

ennemi de la patrie, et nous regardons cela comme un mensonge et une invention de l'Espagne, {^vec cordialité.) Toi-même, tu nous diras ce que lu projettes, car lu as toujours été sincère avec nous; nous avons la plus grande confiance en toi, un tiers ne doit pas se placer entre nous, entre un brave général et ses braves soldats.

WALLENSTEiN. Je reconuais bien là mes hommes de Pappenheim.

LE SOUS-OFFICIER. Le régiment te demande donc si tu veux seulement conserver le commandement qui t'appartient, que l'empereur t'a confié, et servir l'Autriche comme un loyal général; en ce cas, nous sommes résolus à nous mettre de ton côté et h soutenir tes droits envers chacun; — et quand même tous les autres régiments t'abandonneraient, nous seuls nous te resterions fidèles, et nous donnerions notre vie pour loi, car notre devoir de soldats est de périr plutôt que de te laisser succomber. Mais si les choses sont telles que le dit la lettre de l'empereur, s'il est vrai que par une manœuvre perfide tu veuilles nous conduire à l'ennemi, ce dont Dieu nous garde ! alors nous voulons aussi te quitter et obéir à l'ordre de l'empereur.

WALLENSTEIN. Écoutcz, eufants.

LE sous-OFFiciER. Il n'y a pas besoin de beaucoup de paroles ; dis oui ou non, et nous serons satisfaits.

WALLENSTEIN. Écoutcz-moi. Jc sais que vous êtes des hommes intelligents, que vous voulez penser et juger par vous-mêmes, et ne pas suivre le train de la foule. Voilà pourquoi je vous ai toujours, comme vous le savez, distingués du reste de l'armée. L'œil rapide du général ne compte que les drapeaux; il ne remarque point chaque individu ; son ordre est sévère, il faut le suivre aveuglément, et l'homme ici ne compte pas pour l'homme... Cependant, vous savez que je n'en ai jamais agi ainsi avec vous; vous avez dans votre rude métier la pensée de vous-mêmes ; sur votre fronl

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