‹ ThéâtreChapitre 16 sur 286 · SCÈNE vni · texte numérisé non relu

SCÈNE vni

Les précédents; UN CAPUCIN. Des ouvriers des mines s^avancent, jouent une valse, d'abord lentement, puis ensuite plus vite. Le premier chasseur danse avec la servante, lacantinière avec la recrue; la jeune fille s'échappe, le chasseur court après elle et embrasse le capucin qui arrive.

LE CAPUCIN '. Tra la la! cela va bien ici, et moi je veux en être. Est-ce une armée de chrétiens? Sommes-nous Turcs? sommes-nous anabaptistes? Se moque-t-on ainsi du dima'che, comme si le bon Dieu avait la goutte aux doigts et ne pouvait plus frapper? Est-ce maintenant le temps de festoyer, de banqueter et de godailler? Quid hic statis otiosi? que failes-vous là, les bras croisés? La furie de la guerre est décbaînée sur le Danube, le boulevard de la Bavière est tombé, Ralisbonne est dans les griffes de l'ennemi, et l'armée reste ici en Bohème, ne s'afflige de rien, prend soin de son ventre, bien plus soucieuse de la bouteille que de la bataille, des poulets que des boulets^ court après les fdles et dévore les bœufs plutôt qu'Oxenstiern La chrétienté désolée se couvre de cendres , se revél d'un sac, tandis que le soldat se remplit la poche. C'est un temps de larmes et de misère. Des signes merveilleux se montrent au ciel; le Seigneur déploie sur les nuages le manteau sanglant de la guerre, et tient à la fenêtre

* Il y a dans ce discours, dont on a cherché à hiiiter autant que possible le caractère grotesque, beaucoup de jeux de mots intraduisibles.

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