SCÈNE VI
BUTTLER et GORDON.
GORDON, avec surprise. Expliquez-moi ce que sigaifie ce mouvement.
BUTTLER. Elle a perdu l'homme qu'elle aimait, ce Piccolomini qui vient de périr.
GORDON. Malheureuse jeune fille !
BUTTLER. Vous avez entendu la nouvelle apportée par IlIo, les Suédois victorieux s'approchent?
GORDON. Oui, j'ai hien entendu.
BUTTLER. Ils Ont douzc régiments, et le duc en a cinq prés d'ici pour le protéger. Moi, je n'ai que le mien, et la garnison ne se compose pas de deux cents hommes.
GORDON. Cela est vrai.
BUTTLER. Avec Une si petite troupe il n'est pas possible de garder un tel prisonnier d'État.
GORDON. Je le crois.
BUTTLER. L'armée aurait bientôt désarmé notre faible troupe et délivré notre captif.
GORDON. Je le crains.
BUTTLER, après uïi moment de silence. Savez-vous que je me suis rendu caution du succès, que j'ai engagé ma tête pour la sienne ? De quelque façon que ce soit, il faut que je tienne ma parole; et, si on ne peut le garder vivant, on le gardera certainement mort.
GORDON. Vous ai-je compris? Juste Dieu 1 vous pourriez ..
BUTTLER. Il faut qu'il meure.
GORDON. Vous pourriez?