SCÈNE m
Le théâtre représente une salle aboutissant à une galerie qui s'éten 1 au loin.
WALLENSTEIN, assis près d'une table; LE CAPITAINE SUÉ- DOIS, debout devant lui. Un instant après, LA COMTESSE TERZKY.
\i'ALLENST£iN. Salucz pour moi votre général.
234 LA MOr.T DE WAÎ.LENSTEIN.
prends pari à voire heureux succès, et, si vous ne me voyez pas montrer aulanl de joie que je dois en énrouver après cette victoire, croyez que ce n'est pas faute de bonne volonté, car désormais nous devons nous réjouir des mêmes succès. Adieu, je vous remercie de vos soins. La forteresse vous sera ouverte demain matin quand vous arriverez. {Le capitaine suédois sort ; Wallenstein reste absorbé dans ses pensées, la tête appuyée sur sa main et regardant fixement devant lui. La comtesse de Terzky, s' avance reste un instant près de lui sans quil la voie. Enfn il l'aperçoit, fait un mouvement, et se remet de suite.) Venez-vous de la voir? Se remetelle? Que fait-elle?
LA COMTESSE. Elle s'est trouvée plus calme après cet entretien, au dire de ma sœur. A présent elle dort.
WALLENSTEIN. Sa douleur deviendra plus douce^ elle pleurera.
LA COMTESSE. Et VOUS, mon frère, je ne vous trouve pas tel que vous étiez autrefois. Après une victoire, je m'attendais à vous voir plus gai. Demeurez ferme, soutenez votre courage, car vous êtes notre flambeau et notre salut.
WALLENSTEIN. Sojcz tranquille, je n'ai rien. Oîi est votre mari?
LA COMTESSE. Il assiste à un repas avec Illo.
WALLENSTEIN sc lèvc et fait quelques pas dans la salle. La nuit est déjà sombre, retirez-vous dans votre chambre.
LA COMTESSE. Oh ! ne me dites pas de m'éloigner, laissez-moi rester près de vous.
WALLENSTEIN s'avancc près de la fenêtre, II y a un grand mouvement dans le ciel, lèvent agite l'étendard de la tour, les nuages passent rapidement, le disque de la lune jette à travers la nuit une clarté vacillante et incertaine. On ne voit pas une étoile ; seulement on aperçoit une lueur terne ; c'est celle de Calliope, c'est là qu'est Jupiter; mais l'obscurité produite par les