ACTE V, SCÈNE III
DEVEROUX. Et quand nous serons en haut, comment arriverons-nous dans la chambre à coucher du prince sans que les domestiques s'éveillent et appellent au secours ? car il a avec lui une suite nombreuse.
BUTTLER. Tous les domcsliqucs logent dans l'aile droite ; il hait le bruit, et habite seul l'aile gauche.
DEVEROUX. Je voudrais que cela fût fini, Macdonald... Par le diable ! cela produit sur moi un singulier effet.
MACDONALD. El SUT moi aussi. C'est pourtant un trop grand personnage. On nous regardera comme deux scélérats.
BUTTLER. Au milieu des honneurs, des richesses, du luxe, vous pourrez vous moquer de l'opinion et du jugement des hommes.
DEVEROUX. Si nous étions seulement certams que cela n'est pas contre l'honneur...
BUTTLER. Soyez sans inquiétude : vous sauverez Ferdinand, son empire et sa couronne. La récompense ne sera pas mince.
DEVEROUX. Son but est donc de détrôner l'empereur !
BUTTLER. Oui, de lui arracher la couronne et la vie.
DEVEROUX. Ainsi, il aurait péri par la main du bourreau, si nous l'avions conduit vivant à Vienne.
BUTTLER. Il ne pouvait échapper à cette destinée.
DEVEROUX. Viens, Macdonald ; il périra comme un général : il tombera honorablement sous la main des soldats. (// sortent.)