SCÈNE W
WALLENSTEIN, GORDON ; ensuite un VALET DE CHAMBRE.
"WALLENSTEIN. Tout est-il tranquille dans la ville?
GORDON. La ville est tranquille.
VALLENSTEiN. J'entends le bruit de la musique; le château est éclairé. Qui sont ces gens joyeux ?
GORDON. On donne dans le château un banquet au comte Terzky et au feld-maréchal.
■WALLENSTEIN, à part. C'cst à cause de la victoire. Ces gcns-là ne savent se réjouir qu'à table. (// sonne. Un domestique vient.) Déshabillez-moi, je veux aller ma reposer. (// piend lesclefs.de Gordon.) Nous voilà donc en sûreté contre les ennemis et enfermés avec de fidèles amis; car je me trompe bien, ou une figure comme celle-ci [il 7r garde Gordon) n'est pasceile d'unhypocrite. (Le valet de chambre lui ôte son manteau, son hausse-col et sa Toison d'or.) Regardez, qu'est-ce qui vient de tomber?
LE VALET DE CHAMBRE. C'cst la chaînc d'or. Elle est brisée.
WALLENSTEIN. Eh bien ! elle a duré assez longtemps. Donnez. {// regarde la chaîne.) C'est la première faveur que m'accorda l'empereur. Il me la suspendit au cou lorsqu'il était archiduc, et que nous faisions la guerre deFrioul; depuis cejour je l'ai portée par habitude. C'est peut-être une superstition, mais cette chaîne dû être pour moi un talisman tant que j'ai pu la por-