‹ ThéâtreChapitre 204 sur 286 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Lei Précédents, sans Buttler ; LA COMTESSE TERZKY

s'avance pâle et défigurée ; $a voix est faible, lente et sant chaleur»

OCTAvio, allant au-devant d'elle. 0 comtesse Terzky I devions-nous en venir là? Ce sont là les suites de ces malheureuscjB tentatives.

LA COMTESSE. Ce sont les fruits de votre conduite. Le duc est mort, mon mari est mort, la duchesse lutte contre la mort, et ma nièce a disparu. Celte maison puissante et glorieuse est maintenant déserte, et les, valets effrayés s'enfuient par toutes les portes. Je restç la dernière, je ferme cette demeure, et je vous en remets les clefs.

ocTAVio, avec une profonde douleur. 0 comtesse ! ma maison aussi est morte.

LA COMTESSE. Qui doit encore périr ! qui doit encore être injustement traité ? Le prince est mort ; la vengeance de l'empereur doit être satisfaite. Épargnez les anciens serviteurs. Qu'on ne leur fasse point un crime «le leur amour et de leur fidélité. La destinée a sur-

pris mon frère trop vite, il n'a pu songer à eux.

ocTA%io. Non, plus de vengeance, plus de rigueurs, comtesse. Une grande faute a subi un grand châtiment L'empereur est apaisé ; la fille n'aura de s'hérilage de son père que sa gloire et le souvenir de ses services. L'impératrice honore votre malheur et vous ouvre ses bras maternels. N'ayez donc plus aucune crainte. Pre- Dez confiance, et abandonnez-vous avec espoir à la clémence impériale.

LA COMTESSE, levant les yeux au ciel. Je me confie à la clémence d'un plus grand maître... Dans quel lieu les restes du prince seront-ils déposés ! Dans le temps de sa première prospérité, il avait fondé une chartreuse à Githschin ; c'est là que repose la comtesse Wallenstein, c'est là que, par un sentiment de reconnaissance, il a souhaité être enseveli prés d'elle. Oh lacccrdez-luicette sépulture. Je demande pour mon mari la même faveur. L'empereur est maître de nos châteaux ; qu'on nous donne seulement un tomoeau près de nos aïeux.

ocTAvio. Vous tremblez, comtesse... vous pâlissez... lieu ! quel sens funeste j'entrevois dans vos disours !

LA COMTESSE rassemble ses forces et parle avec vivacité et noblesse. Vous avez trop bonne opinion de moi pour croire que je pourrais survivre à la ruine de ma maison. Nous nous sentions assez grands pour porter la main sur une couronne de roi... Nous n'avons pas réussi, mais nous avons de royales pensées, et nous croyons qu'une mort volontaire, courageuse, est préférable à une vie déshonorée... Le poison...

OCTAVIO. Oh ! sauvez-la, secourez-la !

LA COMTESSE. Il cst trop tard, il est trop tard. Dans quelques instants mon sort sera accompli.

{Elle sort.)

GORDOx. 0 maison de mort et d'horreur ! {Un courrier vient et apporte une lettre. Gordon s'avance au-de-

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