DE L EMPLOI DU CHŒUR DANS LA TRAGÉDIE
Une œuvre poétique doit se justifier par elle-même; où les acies ne parlent point, les mots sont d'un pauvre secours. On pourrait donc laisser au chœur le soin de sa propre apologie, si le chœur était à môme de se produire dans des conditions convenables. Malheureusement une tragédie ne saurait se compléter qu'à l'aide de la représentation théâtrale ; le poëte se contente de donner les mots, et, pour les animer, il faut que la musique et la danse viennent s'y joindre. Aussi longtemps donc que le chœur se verra privé d'un si puissant auxiliaire, aussi longtemps il passera, dans l'économie d'une pièce tragique, pour une sorte de hors-d'œuvre,' et de corps étranger qui ne fait qu'interrompre l'action; troubler l'illusion et refroidir le spectateur, l'our juger le chœur «elon son mérite, il faudrait consentir à cesser d'envisager la scène en ce qu'elle est réellement et se figurer un théâtre qui n'existe pas, mais qui pourrait eaùter; ce qu'on est toujours plus ou moins obligé de faire loisqu'on tend à un bu' d'amélioration et de progrès. Ce que l'ait n'a/)oint encore, il le doit conquérir, et la pénurie acciilcntcUe des ressources dont il dispose ne saurait limiter rimaginaUon iii. ii