ACTE 1, SCENE III
TELL, Chacun ne peut compter sûrement que 8oi-même,
STAUFFACHER, Lcs faiblcs qui s'unissent deviennent puissants.
TÉLL. Celui qui est fort est plus puissant s'il reste seul.
STAUFFACHER. Ainsi la patrie ne pourrait compter sur vous, si, dans son désespoir, elle avait recours à la résistance.
TELL lui prend la main. Tell va chercher un agneau tombé dans le précipice; pourrait-il abandonner ses amis? Mais, quoi que vous fassiez, ne m'appelez pas dans vos conseils, je ne puis ni discuter ni réfléchir longuement. Avez-vous besoin de moi pour une action résolue? alors appelez Tell, il ne vous manquera pas. {Ils soi'tent de différents côtés. Un tumulte subit s'élève autour de l'échafaudage.)
LE TAILLEUR DE PIERRE. Qu'y a-t-il ?
LE PREMIER coMi'AGNON accourt en criant. Le couvreur est tombé du toit 1
BERTHE entre suivie de quelques personnes. Est -il écrasé? Courez, portez-lui du secours, sauvez-le, si on peut le secourir. Sauvez-le, voilà de l'or. [File jette ses bijoux parmi le peuple.)
LE TAILLEUR DE PIERRE. AveC VOtreOf!... VoUS VOuIcz
tout avoir pour de l'or : quand vous avez enlevé un père à ses enfants, un mari à sa femme, quand vous avez répandu la désolation dans le monde, vous croyez tout pouvoir compenser avec de l'or! Allez, nous étions des gens heureux avant votre arrivée ici; le désespoir est venu avec vous.
BERTiiE, au piqueur qui revient. Vit-il encore? {Le piqueur fait un signe négatif.) Oh ! malheureuse forteresse, bâtie par la malédiction; la malédiction pèsera sur ceux qui l'habiteront.
[Elle sort.)
3?:) GDILLAUME TELL.