ACTE II. SCÈNE II
fo demande que ce soit la première loi que nous ren- I ions ici..
.MELcuTiiAL. Soit. Quc cclui qui parlera de cédera \"Aulriche soit privé de tous ses droits et dépouillé de tout honneur; qu'aucun de nos compatriotes ne le reçoive à son foyer.
Turs. Nous le voulons ainsi. Que telle soit la loi.
REDiNG, après un moment de silence. C'est décidé.
LE CURÉ. Oui, vous êtcs libres; vous êtes libres par celte loi; l'Autriche n'obtiendra point par la force ce quelle n'a point acquis par ses tentatives amicales.
v.EiLER. L'ordre du jour... après.
REDl^G. Confédérés, tous lei. moyens de douceur ontils été essayés? Peut-être le roi ne sait-il pas ce que nous souffrons; peut-être souffrons-nous contre sa volonté. Avant de recourir à l'épée, faisons un dernier essai pour porter nos plaintes. La violence est toujours terrible, même dans une cause juste, et Dieu n'accorde son secours que quand on ne peut plus obtenir justice des hommes.
ST.\UFFACHER, à Conrad Hunn. C'est à vous à donner des renseignements. Parlez.
CONRAD nuNN. J'étais allé à Rheinfeld, au palais de l'empereur, pour porter plainte contre les cruelles vexations des gouverneurs, et pour demander la charte de nos anciennes franchises, que chaque nouveau souverain confirme. Je trouvai là des envoyés d'un grand nombre des villes du pays de Souabe et des ])ords du Rhin, qui tous recevaient leurs titres et s'en retournaient joyeusement dans leur contrée. Quant à moi voire député, on m'adressa aux conseillers, qui me congédièrent avec cette vaine consolation : « L'empereur n'a pas le temps celte fois, mais il ne vous ou bliera pas. » Et, lorsque je m'en revenais Irislement. j'aperçus, en traversant les salles du château, le duc Jean qui se tenait à un balcon, les larmes aux yeux. Auprès de lui étaient les nobles seigneurs de Wart et m. s»
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de Tagerfeld. Ils m'appelèrent et me dirent ; « Soutenez-vous vous-mêmes et n'attendez point de justice du roi. Ne dépouille-l-il pas l'enfant de son propre frère et ne retient-il pas son héritage légitime? Le duc a réclamé les biens de sa mère; il a maintenant atteint sa majorité; il est en âge de gouverner sa terre et ses vassaux. Quelle réponse a-l-il reçue? L'empereur luia mis une couronne sur la tête, et lui dit : «Voilà l'ornement de la jeunesse. »
MAUER. Vous l'avez entendu. N'attendez de l'empereur ni droit ni justice; aidez-vous vous-mêmes.
REDiNG. Il ne nous reste point d'aulre parti. Maintenant, voyons quel est le moyen de marcher prudemment à notre but?
WALTHER FURST, s'avançant dans le cercle. Nous voulons nous soustraire à une domination odieuse, conserver nos anciens droits tels qu'ils ont été légués par nos pères, mais ne pas en rechercher sans frein de nouveaux. Que l'empereur conserve ce qui lui appartient. Que celui qui a un maître le serve selon son obligation.
MEiER. Je tiens un fief de l'Autriche.
WALTHER FURST. Vous Continuerez à remplir vos devoirs envers l'Autriche.
WEILER. Je paye un tribut aux seigneurs de Rappersweil.
WALTHER FURST. Vous Continuerez à leur payer le cens et l'impôt.
LE CURÉ. J'ai fait serment à l'abbesse de Zurich.
WALTHER FURST. Vous donucrez au cloître ce qui est au cloître.
STAUFFACUER. Je ne relève que de l'empire.
WALTHER FURST, Quc ce qui doit se faire se fasse, mais rien de plus. Nous voulons chasser les gouverneurs avec leurs satellites, et renverser leurs forteresses, mais, s'il se peut, sans verser le sang. Que l'empereur reconnaisse que nous avons été contraints de violer nos