ACTE II, SCÈNE II. a6d
REDiNG. Le temps porte conseil. Attendez avec patience, il faut aussi se fier à l'occasion. Mais voyez, tandis que nous restons ici à délibérer, lesommet brillant des montagnes nous avertit de l'approche du malin. Allons, séparons-nous avant que la lumière du jour nous surprenne.
WALTHER FIRST. Nc VOUS inquiétcz pas, la nuit se retire lentement de ces vallées. {Tous, par un mouvement spontané, lèvent leurs chapeaux et contemplent dans un pieux recueillement le lever de l'aurore.)
LE CURÉ. Au nom de celte lumière qui brille à nos regards, avant qu'elle éclaire les hommes enfermés audessous de nous dans les v<ipeurs des cités, faisons le serment de la nouvelle alliance. Nous voulons être un peuple de frères que nul malheur et nul danger ne séparera. {Tous répètent la même formule en levant les trois doigts de la main droite.)^ou.s voulons être libres comme nos pères l'ontété, et préférer la mort àl'esclavage. (Toî/s répètent ces mots.) Nous voulons mettre notre confiance dansIeDieutrès-haut, etnepasredouterla puissancedes hommes. [Tous répètent encore, puis ils s'embrassent.)
STAUFFACHER. Que chacunreprenneà présent son chemin en paix, et s'en retourne auprès de ses amis et de ses compagnons. Que le berger conduise tranquillement son troupeau à l'hivernage, et gagne sans faire de bruit des amis à notre alliance. Supportez jusqu'au moment décisif tout ce qui doit être supporté. Laissez les comptes des tyrans s'accroître jusqu'à ce qu'un jour Us acquittent leurs dettes envers tous et envers chacun. Domptez votre juste fureur, et réservez votre vengeance pour la vengeance de tous ; car celui-là fei ail tort à la communauté, qui voudrait à présent s'occuper de sa propre cause. {Pendant qu'ils s'éloignent dans un profond silence de trois côtés différents, l'orchestre fait entendre une éclatante harmonie. La scène reste encore videquelgues instants, et l'on voit les rayons du soleil levant sur les glaciers.)
190 GUILLAUME TKLL.