‹ ThéâtreChapitre 255 sur 286 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

Une contrée sauvage, entourée de forêts; des cascades tombent haut d'un rocher.

BERTHE, en habit de chasse; ensuite RUDENZ.

BERTHE. Il me suit. Enfin je pourrai m'expliquer.

RUDENZ s'avance. Enfin, madame, je vous trouve seule. Des précipices nous environnent de toutes parts; dans ce désert je ne crains aucun témoin ; je vais rompre le long silence de mon cœur.

BERTHE. Étes-vous sûr que la chasse ne nous suit pas?

RUDEKZ. La chasse est là-bas... Maintenant ou jamais il faut que je saisisse ce moment précieux, que mon sort se décide, dût -il à jamais m'éloigner de vous. Oh ! n'armez pas vos doux regards de celte sombre sévérité. Qui suis-je, pour oser élever mes vœux téméraires jusqu'à vous? Mon nom n'est encore entouré d'aucune gloire; je n'ose me placer dans les rangs de ces chevaliers brillants et illustrés par la victoire qui recherchent votre main. Je n'ai qu'un cœur plein d'amour et de fidélité.

BERTHE, avec sévérité. Osez -vous bien parler d'amour et de fidélité, vous qui manquez à vos devoirs les plus sacrés? {Rudenz recw/e.) Vous, esclave de l'Autriche, vendu à l'étranger, à l'oppresseur de votre peuple?

RUDESZ. Est-ce vous, madame, qui m'adressez un tel reproche? Qu'ai-je cherché dans ce parti, si ce n'est vous?

BERTHE. Pensiez-vous me trouver dans le parti de la trahison? J'aimerais mieux donner ma mainàGessler

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