ACTE IV, SCÈNE IH
du secours. Poursuivez le meurtrier. Malheureux homme! mourir ainsi! Mais tu ne voulais pas écouter mes avis.
STUSSi. Par le ciel I il est là pâle et inanimé.
PLUSIEURS VOIX. Qui a fait le coup?
RODOLPHE. Ce peuple est-il donc fou de continuer ainsi sa musique auprès d'un mort? Faites-le taire. [La musique cesse. La foule augmente.) Parlez, seigneur gouverneur, si vous avez encore quelque connaissance... N'avez-vous rien à me confier? [Gessler fait un signe de la tnain, puis le répète avec vivacité en s apercevant qu'il n est pas compris.)Oi\ dois-je aller?... A Kussnacht?... Je ne vous comprends pas... Oh! soyez résigné... Quittez les pensées terrestres... Songez à vous réconcilier avec le ciel. {Toute la noce entoure le mourant sans pitié.)
STUSsi. Voyez comme il pâlit! Maintenant la mort gagne le cœur... Ses 3-eux sont éteints.
HERMENGARDE é/èue uu de SCS enfants dans ses bras. Voyez, mes enfants, comme un scélérat meurt.
RODOLPHE. Femmes insensées! n'avez-vous donc aucun sentiment? Pouvez-vous repaître vos regards de cet affreux spectacle? Aidez-moi; approchez- vous de lui... N'est-il donc personne ici qui veuille arracher cette flèche de sa poitrine ?
LES FEMMES reculent. Nous, toucher à celui que Dieu a frappé?
RODOLPHE. Que la malédiction éternelle tombe sur vous ! (// lire son épée.)
STUSSi le prend par le bras. N'essayez pas, seigneur... Votre pouvoir est fini; le tyran du pays est tombé. Nous ne su|)porterons plus aucune violence; -lous sommes libres.
TOUS, en tumulte. La contrée est libre!
RODOLPHE, En sommes-nous venus là? La crainte et l'obéissance ont-elles sitôt cessé? {Aux hommes d'armes qui s'approchent.) Vous voyez l'affreux événement qui ni t
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vient de se passer; tout secours est inutile, et c'est en vain qu'on voudrait poursuivre le meurlrier. D'autres soins nous réclament... Allons à Kussnacht, conservons à l'empereur sa forteresse; car dans ce moment tous les liens du devoir, toutes les règles établies sont rompus, et l'on ne peut plus compter sur la fidélité d'aucun homme. (// se retwe avec sa suite, et Ion voit arriver six religieux.)
iiERMENGARDE. Place! place! voici les religieux.
STUSSi. La victime est là; les corbeaux descendent.
LES RELIGIEUX fonncnt un demi-cercle autour du mort, et chantent d'une voix sombre: « La mort atteint Thomme « en un instant; nul délai ne lui est accordé. Il est « renversé au milieu de sa carrière, il est emporté dans « la plénitude de la vie. Qu'il soit prêt ou non à partir, « il faut qu'il paraisse devant son juge. » [Pendant quon chante ces derniers mots, le rideautombe.)