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ACTE IV, SCÈNE III. 4SI

nouOLPHE, au gouverneur. Par le ciel ! c'est une pauvre et malheureuse vie ! Je vous en prie, relâchez cet homme, quelques fautes qu'il ait commises; son affreux métier est une assez grande punition. ( A Hermengarde.) Ou vous rendra justice. Venez au château, présentez votre requête. Ce n'est pas ici le lieu.

iiERMENGARDE. Nou, nou, je ne quitterai pas celte place que le gouverneur ne m'ait rendu mon mari. Il y a déjà six mois qu'il est en prison, et qu'il attend vainement une sentence de juge.

GESSLER. Femme, voulez-vous donc employer envers moi la violence? Retirez-vous.

HERMENGARDE. Justicc, gouvcmeur ! Tu es juge dans ce pays au nom de Dieu et de l'empereur. Fais ton devoir. Si tu veux qu'il te soit fait justice au ciel, rendsnousjustice ici...

GESSLER. Allons. Éloigncz de mes yeux ce peuple insolent.

HERMENGARDE sùisit la bride de son cheval. Non, non, je n'ai plus rien à perdre. Tu n'iras pas plus loin, gouverneur, avant de m'avoir rendu justice. Fronce le sourcil, roule tes yeux menaçants. Notre malheur est tellement sans bornes, que nous ne nous soucions plus de ta colère.

GESSLER. Femme, fais-moi place, ou mon cheval te passera sur le corps.

UERMENGARDE. Eh bien! pousse-le... Tiens... {Elit pousse SCS enfants par terre et se met avec eux au %ailicu du chemin.) Me voici avec mes enfants... Écrase ces pauvres orphelins sous les pieds de ton chevdi; ce ne sera pas la plus affreuse de tes cruautés...

RODOLPHE. Femme, vous êtes donc folle ?

HERMENGARDE, avec plus de forcc. Tu ff)ules bien depuis longtemps la terre de l'empereur à te.> pieds. Ûh I je ne suis qu'une femme; si j'étais homme, je sais bien'qu'il y aurait quelque chose de mieux h faire que de me prosterner dans la poussière. {Un entend de nous

iM GUILLAUME TELL.

veau la musique sur la hauteur, mais dans le loin" tain.)

GESSLER. Où sont mes serviteurs? Qu'on arrache celle femme d'ici, ou je ne mq reliens plus, et je ferai ce que \e ne voudrais pas faire.

XODOLPUE, Vos serviteurs n'ont pas encore pu venir. Ce chemin est obstrué par une noce.

GESSLER. Je suis pour ce peuple un maître trop doux. Les langues sont encore libres ; ces gens ne sont pas domptés comme ils devraient l'être. Mais cela changera, je le promets. Je briserai celle rude obstination, je ferai plier cet impudent esprit de liberté, et je donnerai à celte contrée une autre loi... Je veux... {Un trait le frappe. Il porte la main sur so7i cœur et chancelle. D'une voix étouffée, ildit :) Mon Dieu, soyez-moi miséricordieux!

RODOLPHE. Monseigneur ! Dieu ! qu'est-ce donc? D'où vient cela ?

HERMENGARDE. Au meurlrc 1 au meurtre 111 chancelle; il tombe; il est tué.

RODOLPHE saute à bas de son r- val. Quel horrible événement ! Dieu !... seigneur ( -ivalier, invoquez la clémence du ciel. Vous êtes un omme mort.

GESSLER. C'est la tlèche de ' oll. (// tombe dans les bras de Rodolphe, qui le dépose su? le banc de pierre.)

TELL se montre sur le haut du rocher. Tu connais la ra'^in qui t'a frappé, n'en cherche pas une autre. Les chi^'imières sont libres, l'innocence n'a plus rien à craindre de loi. Tu n'affligeras pluscette contrée. [Il disparait. Le peuple accourt.)

STLSSi. Qu'y H-t-il ? que s'est-il passé?

iiERMKKGARDE. Le gouvcmeur a été percé d'une flèche.

LE PELf w^ . Qui a été frappé ? {Pendant qu'une partie di la noce s'avance sur la scène, le reste est encore so^' la hauteur, et la musique continue.)

BOPOLPHE. 11 perd tout son sang; allez lui chercher

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