ACTE 1. SCÈNE I. M
BUTTLER, d\m air significatif. Parce qu'il a cherché à me retenir aussi.
ILLO, avec chaleur. Et vous êtes resté ferme. (// lui serre la main.) Brave Buttler !
BUTTLER. Après les obligations que j'ai eûcorerécemmont contractées envers le prince...
ILLO. Oui, général-major, je vous félicite.
ISOLANT. Général -major dans le régiment que le prince vous a donné, n'est-ce pas? C'est celui où vous avez servi comme cavalier. Eh bien ! en vérité, cela doit servir d'exemple et d'encouragement au corps entier. On verra par là comment un ancien militaire de mérite fait son chemin.
BUTTLER. Je ne sais si je puis recevoir vos compliments. — La sanction de l'empereur manque encore.
ISOLANT. Allez, allez toujours. La main qui vous a placé là est assez forte pour vous y maintenir en dépit des ministres et des empereurs.
ILLO. Si nous voulions tous y regarder de si près !... L'empereur ne nous donne rien; tout ce que nous avons, tout ce que nous espérons, tout nous vient du duc.
ISOLANT, à Illo. Mon cher ami, vous ai-je déjà raconté que le prince se chargeait de satisfaire mes créanciers? A l'avenir, il veut être mon caissier — faire de moi un homme rangé ! — Et c'est pour la troisième fois. — Songez donc que celte générosité royale me sauve de ma ruine et fait honneur à mes affaires !
ILLO. Ah! si seulement il pouvait toujours agir à son gré, il donnerait à ses soldats des dom.aines et des vassaux. ^'-.iS à Vienne, on se met en quatre pour lui r^. -ourcir le bras et lui rogner les ailes. Voyez mainlenant les nouvelles, les jolies prétentions que nous apporte ce Questenberg.
BUTTLER. J'ai entendu parler aussi de ces prétentions impériales; mais j'espère que le duc ne iléchira sur aucun point.
4î LES PICCOI.OMINI.
iLLO. Non pas sans doute sur ses droits... mais sa place...
BUTTLER, étonné. Savez-vous quelque chose? Vous m'elTrayez.
isoLANi. Nous serions tous ruinés.
iLLO. Brisons là-dessus. Je vois venir notre homme avec le général Piccolomini.
BUTTLER, secouant la tète. Je crains que nous ne partions pas d'ici comme nous y sommes venus.