‹ ThéâtreChapitre 48 sur 286 · ACTE 11, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE V

une âme noble et élevée, je veux prendre dignement ma place parmi les princes de l'Empire. Nulle puissance étrangère ne doit s'enraciner dans la patrie, et moins que toute autre ces Golhs, celte race allamée qui contemple avec le regard de l'envie et de la rapacité les riches moissons de notre terre allemande. Il faut qu'ils me secondent dans mes projets, mais sans en rien retirer.

TERZKY. Et avec les Saxons agirez-vous plus loyalement? Ils perdent patience à vous voir employer tant de détours... Où en viendrez-vous t ec tous ces déguisements? Parlez; vos amis doutent et ne savent que penser. Oxenstiern^ Arnheim, personne ne comprend plus vos retards; à la fin, je passe pour un imposteur. Je réponds de tout, et je n'ai pas môme un écrit de vous.

WALLENSTEiN. Je ne donne jamais un écrit de moi, vous le savez.

TERZKY. Et à quoi reconnaitra-t-on votre sincérité, si les actions ne suivent pas les paroles? Dites-le vousmême : depuis que vous êtes entré en négociation avec les ennemis, tout ne s'est-il pas passé comme si vous vouliez seulement vous jouer d'eux?

WALLENSTEiN, ap?'ès uïi mômeut de silence, le regarde fixement. Et comment savez-vous que mon but n'est pas de me jouer d'eux et de vous tous? Me connaissezvous donc si bien? Autant que je sache, je ne vous ai pas ouvert le fond de mon âme. L'empereur, il est vrai, a mal agi envers moi, et si je voulais, je pourrais lui porter un grand préjudice. Je me réjouis de voir que je le puis; mais si réellement j'en viens là, c'est ce que vous ne savez, je pense, pas plus qu'un autre.

TERZKY. Ainsi, vous n'avez fait que vous jouer de nous'^

gg LES PICCOLOMINI.

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