‹ ThéâtreChapitre 60 sur 286 · ACTE m, SCÈNE III. M · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE III. M

mais c'était l'amie que je cherchais en ce moment. Combien de fois j'ai va la Divinité dans son éclat, et observé fa ferveur des fidèles! Ce spectacle ne m'avait .point ému, et voilà que tout d'un coup je comprends la dévotion aussi bien que l'amour.

LA COMTESSE. Jouisscz-vous dc votre bonheur. Oubliez le monde qui est autour de vous. L'amitié agira et veil- 'era pendant ce temps pour vous. Soyez seulement docile quand on vous montrera le chemin du bonheur.

MAX. Mais où est-elle donc? Oh! heureux temps du voyage, où chaque aurore nous réunissait, où la nuit avancée seule nous séparait ! Il n'y avait point de sablier et point de cloches. On eût dit que le temps avait susjiendu, pour nouS; comme pour les bienheureux, sa course éternelle. Ah ! l'on est déjà déchu du ciel, quand il faut songer à la succession des heures. La cloche ne sonne pas pour les cœurs heureux.

LA COMTESSE. Combicu y a-t-il de temps que vous lui avez ouvert votre cœur ?

MAX. Ce malin, j'ai osé hasarder le premier mot.

LA COMTESSE. Quoi?ce matin seulement, pendant ces vingt jours ?

MAX. C'était dans ce pavillon de chasse où vous nous avez rencontrés, entre ce lieu et Xépomuce, à la dernière station du chemin. Nous étions debout, en silence, dans une embrasure de fenêtre, les yeux fixés sur les vastes campagnes ; et devant nous galopaient les dragons, envoyés par le duc pour nous servir d'escorte. L'angoisse de celte séparation m'oppressait le cœur. Enfin j'osai hasarder ces paroles : « Tout ceci m'avertit, mademoiselle, que je dois dire adieu à mon bonheur. Dans quelques heures vous allez retrouver un père, vous serez entourée de nouveaux amis, et moi je ne serai pour vous qu'un étranger perdu dans la foule. — Parlez à ma tante Terzky, » dit-elle rapidt^raent. Sa-voix tremblait, je vis une rougeur brûlante empourprer son beau visage, et ses regards, se relevant lente-

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ment, rencontrèrent les miens... Je ne fus plus maître de moi... [La princesse parent à la porte et s'ai^rète. La comtesse la voit, mais non pas Piccolomini.) Je l'enlaçai audacieusement dans mes bras ; sa bouche rencontra la mienne... Nous entendîmes du bruit dans la salle voisine, c'était vous. Maintenant vous savez ce qui est arrivé.

LA COMTESSE, apvh uu moment de silence, jetant à la dérobée un regard sur Thécla. Êtes-vous donc si réservé ou si peu curieux que vous ne demandiez pas à connaître aussi mon secret.

MAX. Votre secret?

LA COMTESSE. Mais, oui. Je suis entrée dans la chambre immédiatement après que vous en fuies sorti, et j'y ai trouvé ma nièce, et son cœur surpris dans ce premier moment...

MAX^ avec vivacité. Eh bien ?

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