‹ ThéâtreChapitre 135 sur 244 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

GEORGES

Mais oui... Ils vont dire ensemble beaucoup de mal, de nous... Ils sont sauvés!...

ISABELLE

Ah! que tues déconcertant, Georges!... Au moment même où Ton croit te comprendre et te satisfaire, voilà que tu ris!...

GEORGES, Tattirant sur sa poitrine.

C'est que je connais la banalité de la vie ! et j'ai confiance en elle, et c'est sur elle que je compte! Sois rassurée. Les pire drames, les plus tristes drames, un beau jour, par un épuisement du sort, par une lassitude du grand ironiste d'en haut, sans doute satisfait de nos contorsions, se résolvent en une pichenette insignifiante, en un incident d'une banalité... déplorable! Tant de souffrances pour aboutir à çal... à rien... Et pourquoi plutôt aujourd'hui que demain?... on ne sait pas!... C'est épuisé!... on le sent, on n'en est pas sûr!... Et c'est la vie!...

ISABELLE

Pauvre Jeannine!

Mais non, pas pauvre Jeannine!... Elle vient de prendre une grande r^ésolution, très courageuse... Elle s'ouvre à la vie vraie... et trouvera d'elle-même un dénouement, incroyable d'insignifiance, à toute sa grosse douleur!... On sourira ensemble un jour des tragédies passées!...

ISABELLE

Ah! serons-nous jamais heureux, Georges?

GEORGES

Mais oui, nous serons heureux! H le faut bien!... Nous serons heureux, banalement, comme tout le monde! comme les autres I... Allons, ma toute petite Isabelle, confie-loi, enfin, à cette épaule, sans plus jamais chercher à comprendre la grande force mystérieuse à laquelle nous donnons le nom d'anjour, et prononce-le, va, ce mot qui ne veut pas dire grand chose, mais qui est bien tout de même dains ta bouche, le plus charmant des mots... Allons... dis... dis?

ISABELLE, laissant tomber sa lêlo sur son ('paulo, dans un grand soupir.

Je t'aime!

RIDEAU

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