ACTE PRElMIER
LOUIS
Ah, Ahl Tu vois bien... le cadeau de fiançailles?
RICHARD
Non, c'est un cadeau de rupture.
LIGNIÈRES
Déjà?
RICHARD
Avec Nichetle. ,
LOUIS
Ah I c'est Nichette ?
RIi:UAR!)
Oui... j'essaie de rompre honorablement. Elle fait un pétard du diable. J'ai eu une scène terrible hier... Elle m'a menacé de vitriol.
LIGNIÈRES
Alors loi, prudent...
RICHARD, montrant )• bijou.
Tu vois... là... j'ai fait mettre deux dates : celle de notre première nuit et celle de notre dernière.
LIGNIÈRES
Mais on a écrit mai pour la dernière, et nous ne sommes qu'en avril.
RICHARD
C'est pour lui donner le temps de s'habituer.
LOUIS
La nuit de mai I... C'est un coupon pour le mois prochain, quoi?...
RICHARD
Ohl un tout petit coupon... une avance... Mon père
m'a dit qu'il faudrait lui donner une gratification de vingt mille francs. Il me les a promis.
LIGNIÈRES
Ahl veinard, d'avoir une famille qui peut donner vingt mille balles aux maîtresses de ses filsl... Quel fonds de papeterie on achèterait avec vingt mille francs I
LOUIS
Au fait, Richard, expligue-moi, une bonne fois, pourquoi tu dis toujours mon père, en parlant de monsieur de Rysbergue, et, maman, en parlant de madame de Rysbergue... Faudrait s'entendre. Les poupées qui disent « maman » disent aussi « papa »...
RICHARD, l'interrompant, en riant.
Papa serait impossible et mère serait si drôle, si grave pour maman 1... Cela lui irait si mal avec sa frimousse... « Mère!... mère chérie!... » J'aurais presque envie de rire... « Maman », même, sonne trop vieux pour elle... Nous avions ajouté un surnom, Paulot et moi, ces vacances à Trouville, pas, Paulot? tant cela nous semblait ridicule d'appeler sur la plage cette grande jeune femme maman tout court... c'était honteux... on se retournait.
LOUIS
Comment l'appeliez-vous ?
RICHARD
Colibri. Maman Colibri. ^ . '
LIGNIÈRES
C'est gentil, mais c'est un peu long.
LOUIS
Je n'aime pas les surnoms, ça fait toujours factice et bebéte.
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