ACTE PREMIER
peu, mainteDant... Venez voir ma vieille peinture indienne... J*adoremon petit coin... On est si bien, là...
LOUIS
J'admirais tout à Theure ce panneau.
IRÈNE
N'est-ce pas? Et enfumez-nous surtout, jeunes gens... Colette, tu ne veux pas boire?
COLETTE
Si, mon petit chou... du frais, du très frais. (Pendant
qu Irène prépare une boisson.) Qucl numérO CnCOre que la
marquise de Saint-Puy I
IKÈNE
Elle est du meilleur faubourg. Fais-la causer, c'est adorable. Vous ne connaissiez pas mon amie Colette, monsieur Soubrian?... On a été au Sacré-Cœur ensemble, dans la classe de Sœur Marie-Jacques... Dites-lui des choses énormes ; elle adore ça.
COLETTE
Ohl Irène!
IRÈiNE
Et monsieur Soubrian, ma chère, sait des histoires d'un roide!... Racontez-lui celle de l'anglaise et des quarante voleurs...
LOUIS
Celle-là, je ne la raconte qu'aux jeunes filles.
Colette est veuve... C'est presque pareil.
LOUIS
Alors... venez-là... et pâlissez.
(On voit dans le salon du fond la marquise de Saint-Pujr causant avec madame Chadeaux et Lignières.)
2d2 MAMAN COLIBRI
RICHARD, à mi-voix, passant à droite avec Madeleine Chadeaux qui va s'appuyer au piano, en tripotaillant des fleurs.
Vous habituez-vous un peu à la maison, Madeleine?
MADELEINE
Votre milieu m'effraye énormément.
RICHARD
Pourquoi?
MADELEINE
Je ne sais... je suis mal à l'aise... J'ai été élevée bourgeoisement... Tenez, cette femme qui rit si fort... (Eiie
montre Colette dans un coin avec Louis Soubrian.) SOU rire m in-
^Hiete, me trouble, vous n'avez pas idéel
RICHARD
La petite de Yilledieu?... Elle n'est pas terrible.
MADELEINE
J'ai besoin d'être rassurée.
TÇ,
RICHARD
N'ayez pas peur; je suis là... Alors si popotte?... nt mieux. Je voudrais une femme très popotte.
MADELEINE
Oh! bien! moi...
RICHARD
Vous ferez des confitures à votre mari?
MADELEINE
S'il me les demande.
RICHARD
11 vous les demandera... entendu. Nous avons des goûls très pareils, c'est attendrissant.