SCÈNE xu GEOftGET, puis IRÈNE
(Irène rentre. Elle arrête Georget d'un geste.) IRÈNE
Non! non! je suis furieuse. Va-t'en. Tu es d'une imprudence folle.
ACra PREMIER 2ââ
GEOfVGET
Ce n'est pas vrai. Je suis très habile.
Va-t'en ! va-t'e« ! je frémis à chaque instant, à cause des enfantsl... Fais attention, je t'en suppli«... S'ils s'apercevaient de quelque chose !
GEORGET
Allons donc 1 je manœuvre très habilement; c'est toi qui grondes et c'est toi la plus imprudente, (ii Ure de sa poche un petit portefeuille.) Tu avais oublié ça chez nous, à cinq heures... avec tes cartes dedans. Le concierge pourrait très bien fouiller et voir ton nom.
IKÈNE "Vrai?... Ohl crois-tu? (EUe prend le portefeuille.) Mais toi,
de ton côté, je t'en conjure, fais bien attention à Richard, à Paulot...
OEGAfiËT
Pas de danger. Mon petit manège est parfait; aroue. Je m'admire moi-même- Je marche dans les combinaisons du jeune Paulot, je me charge des courses de Ricîiard, et je leur fais croire à tous deux que j'ai une première de magasin.,, qui va lâcher ses parents pour moi... D'abord tes fils ne me croiraient pas capable d'avoir une aventure aussi importante.
IRÈNE
«C'est vrai tout de même que c'est une chose considérable pour un garçon sans conséquence ^omme toi 1 Qu'est-ce que tu as pensé quand tu t'es aperçu que je t'aimais?
GEORGET
Ce que j'ai peaisé?
Oui.
GEORGET
Je me suis dit : Je ne Taurai jamais. C'est trop beau 1... Je m'imaginais que, si je m'y mettais, il faudrait des années pour te conquérir.
IRÈNE
Tu as été heureux, hein?
GEORGET
J'ai été surtout stupéfait.
IRÈNE
Sale bête !
GEORGET
Mais c'est une impression qui a passé très vite. Je m'y suis fait.
IRÈNE
Quand t'es-tu aperçu pour la première fois que je t'aimais? Tu ne me l'as jamais raconté.
GEORGET
Un jour, au tennis, chez les Dubreuil... Tu me regardais tout le temps... tu ratais toutes les balles...
IRÈNE
Tu étais si joli ce jour-là!
GEORGET
Ne dis pas ça!... J'avais un rhume de cerveau terrible, un bouton de fièvre gros comme un gnon. J'étais furieux que tu m'aimes juste à ce moment-là.
C'est ce que les poètes appellent le premier émoi.
Je suis sincère.