ACTE PREMIER
pas.) Je vous prie de vous asseoir, monsieur de Chambry.
(Maintenant, ils sont assis, très sages, tous les trois en rond.) GEORGET, après un long silence.
Avez- vous remarqué comme le printemps est long à venir cet hiver?
LA MARQUISE
Ah! les saisons sont tellement troublées, depuis quelque temps.
GEORGET, parlant très vite tout à coup et sur un ton très naturellement mondain.
C'est-à-dire qu'on ne sait plus quel est le printemps, quel est Vhiver. Je t'aime.
IRÈNE, même jeu.
N'esf-ce pas? positivement! Moi aussi.
GEORGET, de plus en plus vite.
C'est à ne plus vous faire croire qu'il y a un Dieu!. Disons plus rien.
IRÈNE, même jeu.
Et le printemps est si divin!.,. Ça la fera...
GEORGET, même jeu.
Absolument... partir.
LA KARQUISE, le sourire pâmé.
Mais le printemps n'est vraiment agréable qu'en
Italie!... (Personne ne lui répond plus. Son bon œil doux s'en étonne d'abord, puis les ayant regardés, elle dit :) Je bavarde, je bavarde. .•
et vous retiens jusqu'à des heures indues.
IRÈNE, sans conviction.
Pas le moins du monde.
%U MAMAfN COLIBBI
LA MARQUISE
Quelle heure peut-il bien être?
IRÈNE
Quelle heure, Georget?
GEORtîET, regardant sa montre.
Onze heures et demie !
IRÈNE, A la marquite.
Il n'est que minuit trente-cinq.
LA MAROUISE, se lovant précipitamment.
Minuit trente-cinq! c'est effrayant... naes chevaux doivent attendre depuis une heure-.. J'avais conunandé la voiture pour onze heures. Au revoir, monsieur. Quand vous passerez de mon côté...
«ROKGET
Infiniment aimable!
LA MARQUISE^ k Irène qui la conduit.
Ne me raccompagnez pas, chère amie. j« vous en prie*
IRÈNE
Comment donc!
LA MARQUISE
Il est charmant, ce garçon. Et bien élevé!...
(Elles sortent toutes deux. Une seconde Georget reste seul.)