‹ ThéâtreChapitre 174 sur 244 · ACTE PREMIER 24a · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER 24a

m'imagines quand j'avais vingt ans? J'élais rudement bien alors!... Quel dommage!... Pense, imagine un peu, comme je devais être à vingt ans!

«fiORGET

Moins bien.

IRÈNE

Tiens, parbleu I... (Un temps.) Mais à part ça, j'étais très bien... Dire que tu ne m'auras pas connue à cette époque!... Quelle dr61e de cho«e que de s'accrocher ainsi à un certain moment de la vie... et que tout le reste ce soit de l'ombre!.... ïmagiaie-moi... J'avais, tiens, l'ovale bien plus régulier... les tempes ont l'air

de s'être allongées, vois-tu ? (Elle se reprend vite, craintivement.) J'étais plus jolie, ndais j'avais moins de caractère.

GËOitGET

Oui^ je comprends.

^ IRÈNE

Comme ça change la figure!... Moi aussi, je voudrais savoir comment tu seras... plus tard... bien plus tard... quand il y aura longtemps que tu ne m'aimeras plus... lorsque nous ne nous connaîtrons plus.

GEORGET

Méchante I

IRÈNE

Chut! tais-toi... laisse-moi te voir une seconde, en fermant les yeux... Chut.

(Elle met ses mains devant les jeux.) GlEO'RGfET, Ti«nt.

Quelle enfant!

IKÈNE

Pense aussi de ton côté pour moi... (vivement.) Mais à rebours.

GKORGET

Naturellement.

(Par complaisance, il fait la .même chose qu'elle et met sa figure dans ses mains, mais il y a dans les deux poses la différence d'un qui n'y songe pas et de l'autre qui y songe. — Un silence.;

GEORGET, interrompant subitement en riant.

Eh bien, tu es rudement mieux, maintenant, il n'y a pas de comparaison I

IRÈNE, avec élan.

Tu me trouves un peu folle, pas?... mon chéri, mon grand amour que je t'adore !

GKORGET

Pas plus que je ne t'aime.

IRÈNE

Bien plus!... bien plus 1... Mais qu'importe!... Ah! le bonheur seul de t'aimer me paye. Mon petit, mon petit, comme je te défendrais si on voulait te faire du chagrin dans la vie, si tu n'étais pas heureux!... Que je t'aime! Il y a un Tiieux reste de maternité dans la passion que j'ai de toi... Qu'adviendra-t-il de tout cela, mon dieu, mon dieu? Et où allons-nous?

GEORGET

Tu réfléchis trop, tout le temps... Qu'est-ce que ça fait î

IRÈNE

Tu as raison. Laissons-nous emporter... Ah! que ça dure ce que ça durera ! . . . Flamber. . . puis baste ! . . . Petit, petit, mets ta tête là. Ohl te respirer comme les premières violettes !

(Elle l'attire contre son cœur.) GEORGET, dans un murmure.

Irène.

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