ACTE DEUXIEME 2S
PAULOT
Mais nous y sommes mêlés?
RICHARD
De très près.
PAULOT
Papa sait?
RICHARD
Non. Et il importe qu'il ne sache pas. Ta parole que tout ce que nous disons restera secret pour lui, pour maman et pour qui que ce soit d'ailleurs.
PAULOT
C'est juré.
RICHARD
Merci, vieux. Je sais qu'on peut déjà se confier à toi
comme à un homme. Du feu? (Paulot tend une autre allumette
à Richard.) Merci.
(Richard est assis auprès de la table. Il balance lentement sa jambe croisée et envoie de longues bouffées au plafond.)
PAULOT
Père doit ignorer, dis-tu?
RICHARD
11 faut à tout prix lui éviter cette émotion, et les conséquences en seraient trop graves. De plus, la chose doit, tu entends? doit être réglée de lui à moi. Si je me confie à toi, petit, c'est que j'ai besoin d'un confident. Ce me serait dur de garder pour moi seul, sans un témoin, la responsabilité de ce qui va se passer. On est des amis, pas vrai?... et puis aussi, on estdes frères. Ça ne s'oublie pas dans les moments graves. Et on ne sait jamais ce qui peut arriver.
PAULOT, les yeux dans les yeux.
-A ce point-là?
25 i MAMAN COLIBRI
RICHARD, hochant la tête.
A ce point là.
(Silence. On voit que Paulot réfléchit; puis il baisse les yeux.) I*AULOT, sur ses cahiers, simplement.
Bien.
HICUARD, se balançant toujours, tout en agitant nerveusement sa cigarette .
Voilà.
PAULOT
Bien.
RICHARD, après un silence.
Je t'affirme, Paulot, que tu peux t'en rapporter absolument à moi. J'ai dit le mot : un misérable.
PAULOT
Tu es certain de ne pas te tromper?
RICHARD
Oh! j'ai attendu... Il y a deux mois je n'avais que des doutes sur sa conduite. La première chose inquiétante me fut révélée le jour même où j'ai rompu avec Nichette... Il s'en est aperçu... Et les semaines qui suivirent, je ne pus pas le pincer .. Il se méfiait... J'espérai alors m'être trompé, et dès lors j'ai été occupé par mes formalités de fiançailles avec Madeleine... Il' m'a fallu aussi vérifier les affaires de madame Ghadeaux qui n'étaient pas en ordre, puis c'est moi qui suis venu choisir et louer cetle villa... tu te souviens? Ce fut long à trouver, puisque maman ne voulait pas une villa avec l'air direct de la mer; bref, je n'ai pas pu surveiller les agisseoients de Georget. Ce n'est qu'il y a trois semaines juste... (ii réfléchit.) oui, juste... deux ou trois jours à peine avant notre départ de Paris et notre installation ici, que j'ai acquis la certitude absolue que je redoutais... Alors, comme il était convenu, que Georget