‹ ThéâtreChapitre 186 sur 244 · SCÈNE II Les Mêmes, GEORGET · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Mêmes, GEORGET

GEORGET, paraissant à la porte du jardin, sanglé dans un costume d'été, strict, frais et joli.

Oufl II y en a une petite trotte de la gare, mes enfants ! C'est gentil, hein, de venir par cette chaleur ? Dites encore que je ne suis pas un aminche ! B'jour, Paulot I Tu travailles? Va, va, mon vieux, que je ne t'interrompe pas.

PAULOT^ après avoir regardé son frère.

Oh ! j'ai fini.

GEORGET

D'ailleurs, comme tu seras collé en octobre de toute façon... ne te foule pas.

RICUARD, souriant.

Il me semble que tu es bien beau.

GEORGET

N'est-ce pas ? J'ai sorti un petit complet ! Je p'ai pas encore osé le mettre à Trouville, sur la plage... je l'essaie ici... C'est peut-être un peu osé... qu'en penses-tu? Il y a le ruban du chapeau qui est d'une audace I Et qui me donne un peu l'air calicot, hein?...

RICHARD

Tout à fait.

GEORGET Ah 1 bien ! compris... (Sadressant à son costume.) Toi, tu vas

retourner dans la malle, (a Richard et à Pauiot.) A,lor3 on ne vous verra pas un peu ? Vous allez vous terrer ici, tous deux ? Venez donc un peu rigoler à Trouville. Richard, le casino t'attendra de huit à onze, entends-tu ? de huit à onze, toi et ta galette.

RICHARD

Mais c'est possible...

GEORGET, d'un air distrait et empressé.

Ta mère va bien ? J'oubliais de te le demander.

RICUARD

Merci, merci.

GEORGET

Et monsieur de Rysbergue... naturellement...

RICHARD

tt tire en ce moment.

GEORGET

A quoi? la chasse n'est pas ouverte.

RICHARD

'Oh ! dans la propriété... quelques oiseaux de mer qui volent jusqu'à Touques. Les gardes ne peuvent rien dire.

GEORGET, sentant le froid et parlant avec abatage.

Vous ne savez pas qui est arrivé hier aux Roches?... la petite madame Stauf... et ses filles... Charmantes, ses filles! je ne les connaissais pas. Et Stauf, lui, a installé Adrienne Véry à deux pas, dans une villa... Il se cherche des alibis pour avoir l'air moins cocu. Les de Rieux sont au Continental... tu le savais ? C'est tout ce qu'il y a de neuf, je crois-... Oh! puis, Mélitaî., Figure-toi, la grosse Mélita, en costume de bain tonkinois, avec des dentelles couleur orange et un maillot lophophore... elle a l'air d'un pavillon de yacht... Inénarrable, mon cherl.. Tous les mineurs se détournent quand ils la voient,

(A ce moment, on entend dans la maison la voix d'Irène qui chante. La voix avance prfj-cipitamment. Tous les trois l'écoutent, comme si cette voix était un personnage important.)

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