SCENE PREMIERE
IRÈNE, UiN DOMESTIQUL^ puis LOUISA IRENE, à un domestique.
Lasuite!.. Monsieur ne rentrera probablement plus dîner... Je ne comprends pas... Il n'avait pas averti?
LE DOMESTIQUE
Non, madame.
IRÈNE
A quelle heure le cocher avait-il ordre d'aller chercher monsieur?
LE DOMESTIQUE
Comme d'habitude; il devait être à la caserne à cinq heures.
IRÈNE
Quelle voiture Jean a-t-il prise?
LE DOMESTIQUE
La Victoria, madame, attelée à doux.
A la bonne heure î Avec un seul cheval nous avions mis plus de vingl-cinq minutes pour monter d'Alger, le même temps que par le tramway, (a Louisa qui entre.) Ah ! Louisa, est-ce que vous avez mis le manteau de monsieur dans la Victoria? Je vous l'avais recommandé. Il fait un peu froid quelquefois au tournant d'El-Biar, avec le vent de la mer qui monte.
LOCISA
Non, madame. Monsieur m'a attrapée la dernière fois, en me disant qu'unmacfarlane ce n'était pas d'ordonnanc(\ et qu'il n'était pas un soldat en sucre.
IRÈNE
Si, si... voilà où est son erreur. Enfin! Pourvu qu'il
n'attrape pas mal ! (Tout en mangeant, elle regarde la pendule.)
Huit heures... 11 ne dinera pas. C'est dommage.
LOUISA, s'approchant de la table.
Madame s'ennuie à dîner seule?
IRÈNE
Oh! ce n'est pas pour ça. Je lui avais fait faire des sorbets à l'orange qu'il aime tant.
LOCISA
Madame se trompe ; il ne les aime pas à l'orange. C'est à la viplette qu'il les aime... Madame ne se souvient pas?
IRÈNE
C'est vrai. Suis-je bète!... Eh bien, alors tant mieux, vous voyez, qu'il ait dîné à Alger ! Il y a une providence,