‹ ThéâtreChapitre 202 sur 244 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

évidemment. (Au domestique qui passe un plat.) Qu'est-Ce qXXQ

c'est que ça?

LE DOMESTIOUK

Ce sont de petites pommes de terre de la propriété.

IRÈNE

Du jardin? (A la femme de chambre.) Admir»ible! Croyezvous, Louisa, quelles amours! Est-ce qu'elles sont aussi petites quand elles sont vivantes?... Jamais je n'aurais cru que noire jardin produirait comme il produit. Faudra envoyer ça au concours agricole d'El-Biar.

(Montrant les fe'-uirlandes aux quatre coins do la pièce.) POUTVU qu'ii

rentre, monsieur... Nous en serions j)Our nos frais.

LOUISA

Ah! oui, les lampes de fleurs! Madame peut être Iranquille; monsieur rentrera. 11 a sûrement demandé la perniis&ion de minuit puisqu'on doit voir, ce soir, à Oiize heures Irente-cinq, la fameuse éclipse de lune, avec miss Deacon et sa mère. Madame se souvient?

IHÈNE

C'est vrai. Je n'y pensais déjà plus! Dieu, que c'est ennuyeux! Voilà ma soirée gàlée. H y a trop d'Américaines à El-Biar. Il y qi trop d'Américaines partout d'ailleurs. Je vous demande un peu pourquoi toutes les Américaines ne restent pas en Ainérique! (On entend dehors,

du coté du jardin de lointains bruits de voix rieuses.) ïenCZ, éCOUtCZ-

làl « Play ». Comment, elles jom*nt encore au tennis à huit heures du soir?... Enfin I je leur pardonne les bruits qui viennent de leur jardin, à cause de l'odeur de leurs vieux orangers. En ce moment, c'est exquis... Vous sentez, Louisa?

LOUISA

Ohl madame, moi, la fleur d'oranger, ça ne m'emballe pa^. Je trouve qu'on fait beaucoup de chichi pour

cette fleur-là. Je me disais toujours que ça devait être mieux sur les arbres que sur les robes de mariage, mais depuis que j'en vois tant, je trouve que ça fait encore bien mieux sur les robes de mariage.

IRÈNE

C'est une opinion de couturière qui a sa poésie. En attendant, tournez le bouton pour voir si l'électricien a bien donné le courant.

(La femme de chambre tourne un bouton électrique. Toutes les guirlandes s'embrasent.) Les lampes sont cachées dans les fleurs.)

LOUISA

Oh! ce sera superbe, madame, quand il fera tout à fait nuit.

IRÈNE

N'est-ce pas? c'est assez réussi...

LOLI-A

Le jardinier a eu beaucoup de mal à se procurer les ibiscus et autant de bougainvilleas.

IRÈNE

Oh! j'entends la voiture. Vile, voilà monsieur, étei-

UinG'A. (l.ouisa éteint les guirlandes. — Irène se lève. Elle va sur le seuil, el iait des gestes en l'air avec sa serviette.) Eh bien, quoi,'Chéri?...

tu as dîné?

LA VOIX DE GEORGET, dehors.

Ne m'en parle pas ! Cette brute de margi à qui il a fallu que j'offre à dîner!... Je me sauve seulement à la minute... Oui, oui, vous pouvez dételer. A minuit .. le cheval alezan...

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