ACTE QUATRIÈME
RICHARD
D'un moment à Tautre
SOUBRIAN
Vous allez au bureau ensemble?
RICHARD
Non... nous devons aller au Comptoir International pour une affaire... sans grande importance, d'ailleurs... une simple signature.
SOUBBIAN
Je le trouve un peu changé, ton père, depuis quelque temps.
RICHARD
Il vieillit, n'est-ce pas?
SOUBRlAN
Je ne veux pas dire ça. 11 est moins à crin, voilà tout. Ah ! il a mis de Teau dans son vin... Ce n'est pas comme mon paternel à moi...
RICHARD
Les événements intimes de ces dernières années n'ont pas été sans influer sur lui. C'était un homme qui avait mis tout son plaisir dans le train de la maison, les réceptions, le décorum... Maintenant, cette vie de garçon n'a plus grand charme pour lui. L'hôtel de l'avenue Friedland est trop grand... on n'ouvre plus le rez-de-chaussée... Et mon mariage a coïncidé avec ces événements.
Pourquoi ne divorce-t-il pas et ne se remarie-t-ilpas?
RICHARD
Oh! non... le divorce n'entre pas dans ses idées ni
dans ses principes. 11 ne faudrait guère lui en parler.. - Au fait, Madeleine, tout à l'heure, invite-le à dîner pour dimanche. Même s'il refuse, Tintention lui fera plaisir.
MADELEINE
Entendu.
RICBARD
Je vais t'écrire la lettre tout de suite, veux-tu?
(Il écrit sur un petit bureau à droite.) MADELEINE, à Soubrian.
Vous avez eu tort de faire allusion au grand scandale... Au fond, cela le désoblige toujours.
SOUBRIAN
Il doit être blasé pourtant.
MADELEINE
Il aime tant son pèreî
SOUBRIAN
Vous n'en parlez pas ensemble?
Le moins possible. Nous avons épuisé ce sujet au moment de la rupture de nos fiançailles...
SOUBRIAN
Est-il possible que vous ayez sérieusement voulu rompre?
MADELEINE
Il a fallu un mois pour nous décider, ma mère et moi... Dame ! après le bruit suscité dans Paris... Cette horrible femme, songez donc!... Si vous croyez que c'est gai d'avoir cette célébrité dans sa famille... Et encore, elle